L'impact des accords libre-échange sur le secteur agroalimentaire

La compétitivité des entreprises marocaines face aux défis de libre-échange
CHAPITRE III : Compétitivité et productivité des secteurs clés face aux défis de libre – échange
Section III : Secteur de l’agroalimentaire et les accords de libre-échange (38)

1- Présentation
Avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 63 000 MDH, l’agroalimentaire représente 32 % de celui de l’ensemble du CA du secteur industriel (deuxième secteur industriel au Niveau national).
Avec 1767 entreprises, l’agroalimentaire emploie d’une manière directe 15 % des Salariés (63830 salariés) du secteur industriel se positionnant en troisième employeur Industriel et crée parallèlement plusieurs emplois dans différents secteurs (Agriculture, transport, emballage, industrie chimique, …).

2- Evolution du secteur agroalimentaire
Valeur ajoutée: 20000 MDH générant 30% de la VA industrielle, l’industrie Alimentaire participe à hauteur de 5% à la formation du PIB.
*    Exportations: 8 294 MDH (754 M$), les exportations agro-alimentaires sont Constituées essentiellement des produits de conserve végétale et de conserve de Poissons qui sont destinées principalement aux pays de l’UE.
*    Capital étranger: 1016 MDH, l’IAA est le secteur industriel où la part du capital Étranger est la plus petite, elle ne représente que 10% du capital total de l’ensemble Du secteur.

*    En 1985-1990, l’agro-industrie représente 5% du PIB, 15% du PIB industriel, 25 à 30 % de l’emploi industriel et 16 à 20% des exportations industrielles.
*    La valeur ajoutée du secteur a augmenté durant cette même période au rythme de 8% par an et ses exportations au rythme de 14% par an.
De 1995 à 2000 le secteur a connu une croissance annuelle moyenne de 5% et les Exportations de 7%.
En 2000, le secteur agro-industriel compte plus de 1600 entreprises qui représentent 25% des établissements industriels. Les IAA ont réalisés en un CA de 58 milliards de dirhams (5,7 milliards d’euros) et ont dégagé une valeur ajoutée de 19 Milliards de dirhams, soit 36% de la VA industrielle globale.

L’année 2002 n’a pas été heureuse pour le secteur. Après un bond à 4,5% en 2001, Le taux de croissance a chuté à 1,9% en 2002. L’agro-alimentaire est en fait le seul Secteur industriel qui a affiché une telle baisse du rythme de croissance d’une année à l’autre.
C’est une mauvaise performance pour un secteur qui emploie dans 1664 unités 21% De l’effectif industriel, soit 106.283 salariés.

Accusant donc une baisse de 5% de sa valeur ajoutée (18,5 milliards de dirhams) la Filière agro-alimentaire s’est livrée à une séance de lifting ou elle a réduit ses effectifs de 16%, soit 8973 personnes en 2001.

Le secteur a réalisé par contre une croissance de 10% de ses exportations en 2002 et il est également en pôle position en ce qui concerne la valeur de production, 36% Du chiffre d’affaires global des industries de transformation malgré les aléas Climatiques
Travail a connu une performance, avec 205.920 dirhams par employer en 2001 contre 182.790 dirhams en 2000.

La contribution potentielle de l’agro-industrie au PIB pourrait être plus importante.
Selon le schéma classique, à mesure qu’un pays progresse dans la voie du développement, la part relative de l’agriculture diminue tandis que celle de l’agro-industrie augmente.
Si le Maroc suivait le schéma classique, les contributions respectives de l’agriculture et de l’agro-industrie devaient être inversées.
La part des céréales reste généralement très importante et dépasse les 47%; Une grande dépendance du Maroc est enregistrée marché international pour satisfaire ses besoins en produits de base.

3- impact des accords libre-échange sur le secteur agroalimentaire
L’une des plus grandes menaces qui pèsent sur l’industrie agroalimentaire Marocaine est l’entrée en vigueur des accords de libre-échange.  En fait, ces accords ne constituent pas une menace en soi, mais c’est le manque d’une préparation préalable d’un environnement industriel permettant aux industriels marocains de s’adapter à cette nouvelle donne et d’être compétitif.
Ainsi, pour ce qui est de l’industrie de la biscuiterie, par exemple, il lui serait impossible de faire face aux produits des pays avec lesquels le Maroc a signé des Accords de libre-échange, étant donné que ces industries ont accès aux matières premières au prix des marchés internationaux qui sont très inférieurs à ceux pratiqués au Maroc. Rappelons que parmi les pays avec lesquels le Maroc a signé des ALE figure la Turquie. Un accord qui entrera en vigueur dès le 1er janvier de l’année prochaine. Ce pays est l’un des plus grands exportateurs dans le domaine de l’agro-industrie avec une contribution au PIB représentant 5%. Dans ce domaine, la Turquie est classée parmi les dix premiers exportateurs mondiaux.

Farine, pâtes, biscuits, confiseries, margarines, légumes transformés et fruits secs sont les principaux produits exportés. C’est le premier producteur et exportateur de noisettes, de figues sèches et pois chiches dans le monde. C’est le sixième producteur d’agrumes et le premier de cerises, et troisième exportateur mondial d’huile d’olive.
Mais ce pays n’est pas la seule menace qui plane sur l’industrie agroalimentaire nationale. Ainsi, le nombre des pays avec lesquels le gouvernement signe des ALE s’élargit chaque jour plus, sans prévoir de mesures d’accompagnement pour alléger certaines charges qui pèsent sur les industriels marocains afin de leur permettre d’être plus compétitif 39

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38 Omar Chawti Impact des accords de libre échange sur le secteur agroalimentaire, édition2004 p 8-9.
39 Impact des accords libre échange sur le secteur agroalimentaire : Journal  « Aujourd’hui le Maroc :par Omar Dahbi le 12 octobre 2004.



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