Impacts prévisibles du libre- échange sur l’environnement

Impacts prévisibles du libre- échange sur l’environnement – Section II :
La zone de libre- échange (ZLE) proposée par l’UE est de nature à favoriser la croissance économique porteuse de développement durable. Cependant les effets prévisibles sur l’environnement de la ZLE Euro-méditerranéenne n’ont pas encore été analysés systématiquement, en effet, l’organisation environnementale (Friends of the Earth Meddel East) fait remarquer d’après une étude que la ZLE régionale peut avoir des effet négatifs considérables sur l’environnement, si l’intégration d’aspects de la protection de l’environnement n’est pas respectée.

Le choix pour la ZLE en tant que choix stratégique ne dispense pas que des politiques appropriées soient adoptées pour faire émerger peu à peu un système productif plurinational et à l’échelle de la région en tant que telle. Car au delà des échanges,  la création d’une ZLE exige un projet de développement commun. Cela implique la mise en place de mécanismes institutionnels et d’incitations concertés de part et d’autre de la Méditerranée, en vue de concilier des intérêts, et mettre en œuvre de véritables politiques méditerranéenne sectorielles (politiques agricole, industrielles…). L’enjeu étant de rechercher le maximum de compatibilités qui répondent à l’intérêt de l’ensemble de la zone Euro méditerranéenne.

A- Impact sectoriel : cas de l’agriculture
L’agriculture marocaine reste encore lourdement handicapée par sa dépendance à l’égard des aléas (climatiques, extérieurs…). L’inadaptation de ses structures financières, l’archaïsme de ses modes d’exploitation, et l’indigence de ses moyens (humains, matériels, financiers…). La faible productivité, et le défaut de compétitivité de l’agriculture marocaine conduiraient inéluctablement à ruiner un  grand nombre d’exploitations vulnérables, voire à la disparition de l’agriculture de subsistance avec des conséquences économiques, sociales et écologiques redoutables.

Face à ces prévisions, il faut dire que théoriquement du moins, la libéralisation des échanges agricoles peut comporter quelques aspects positifs pour l’environnement ( ) : les exigences de compétitivité et d’internationalisation des coûts environnementaux imposent la tarification économique de l’accès à des ressources naturelles telles l’eau, les forêts et les pâturages. Ceci est de nature à conduire à une rationalisation de l’utilisation de ces ressources et réduire la pression qui s’exerce sur elles.
Par ailleurs, la libéralisation des importations de certains produits comme le bois des pays tropicaux pourrait conduire à la baisse de la demande pour les bois locaux et contribuer à réduire la pression sur la forêt marocaine . Cependant, le problème est que ces implications heureuses reposent sur des hypothèses pour le moins discutables ( ). En effet, l’hypothèse du transfert de la demande vers le bois d’importation « oblie » l’état de pauvreté des populations les plus responsables de la surexploitation des forêts, et portant leu incapacité à se transformer en demandeurs solvables du bois d’importation.

Force est de constater que les cultures d’exportation sont accompagnées d’un coût écologique élevé, inhérent au gaspillage de ressources rares comme l’eau et la terre, et l’utilisation d’intrants chimiques générateurs de pollution.

B- Impact sectoriel : Cas de l’industrie
La structure de la production industrielle par branche d’activité est dominée par les industries agro-alimentaires, suivies par les industries chimiques et parachimiques, les industries de textile et du cuir. Compte tenu de la fragibilité du secteur industriel marocain, le processus de déprotection progressif soulève de nombreuses inquiétudes, même si les situations des entreprises face à cette libéralisation des échanges (notamment, leurs capacités compétitives) sont évidemment bien différentes.
Une étude de la MESD ( ) nomme comme problème primordial la pression accrue sur les régions côtières de la méditerranée du sud dû aux ZLE avec l’UE.

Au Maroc les centres économiques se concentrent également dans les zones littorales (atlantiques et méditerranéenne) et une croissance économique additionnelle dans différents secteurs aurait des effets négatifs sur l’environnement.
libre- échange On peut espérer des effets positifs pour l’environnement, si des institutions environnementales fortes s’engagent activement au niveau national et international afin d’œuvrer dans ce domaine.
En somme, parmi les effets négatifs figurent entre autres :
-Une pression renforcée sur les ressources naturelles tels que l’eau, les sols ainsi que la diversité biologique de faune et de flore. Cela est surtout le cas des côtes où se trouvent la plupart des centres urbains et des activités économiques.
-Une pollution accrue des sols, de l’eau et de l’air.
-Une production plus intense de déchets dangereux.

En guise de conclusion, il est probable que la situation environnementale au Maroc se dégrade et qu’une grande partie des entreprises non compétitives abandonne la production. De ce fait, la communauté européenne devrait veiller à apporter son soutien au Maroc pour la mise en œuvre d’un programme d’appui aux secteurs industriels et agricoles, appelés à bénéficier d’une restructuration et d’une mise à niveau en vue de faire face aux difficultés pouvant survenir suite à la libéralisation des échanges.
Chapitre IV : libre – échange et environnement dans le contexte Euro-marocain
Deuxième partie: Les enjeux commerciaux de l’environnement
La dimension environnementale dans l’accord d’association Maroc-UE
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-H.Nargisse, Impact prévisible de la mondialisation des échanges sur le développement durable au Maroc, 1998.
-H. Narjisse, op. cit. p 129.
-Méditerranéen commission on sus



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