Mémoire sur L'Instance Equité et Réconciliation

Instance Equité et Réconciliation
Conclusion

L’observateur de la scène politique nationale notera les changements opérés dans le champs socio-politique marocain qui a vu l’ouverture d’espaces de libertés, une société civile de plus en plus engagée, et active, des débats politiques dans l’enceinte médiatique, et la multiplication des meetings et outres manifestations. Un processus de démocratisation entamé dès le début des années quatre vingt dix, et l’on assiste aujourd’hui à son accélération. La création de l’instance de l’équité et la réconciliation constitue une étape charnière de cette évolution.
Le principe d’audition publique de plus de 200 personne, représentant les victimes des exactions des années de plomb, et qui a été retransmise en direct à la Radio et à la télévision, sous l’égide de l’instance équité et réconciliation constitue en soi une révolution politique dans l’histoire du Maroc indépendant. Il confirme que le changement auquel aspire le citoyen marocain est irrémédiable quels qu’en soient le prix les obstacles et les conséquences qui pourrait imaginer il y a peu de temps encore que l’on puisse écouter de voir défiler sous yeux, l’image de ceux là même dont la plupart se définissaient comme les ennemis avoués du régime hassanien ? ou risque d’être taxé d’avocat du diable, il me parait indécent de s’acharner à vouloir semer le doute autour de cette instance qui depuis sa création en janvier 2004 par S.M.Mohamed VI, n’a cessé de faire l’objet de toute sorte de dénigrements. C’est d’autant moins compréhensibles que les auteurs de ces dénigrements, s’emploient parallèlement à vouloir réhabiliter le statut de celui qui est directement ou indirectement le représentant du système responsable des souffrances endurées par ces victimes.
Ce qui semble plus important à dire est que l’IER est parmi les rares, si non la seule commission qui s’est tenue au respect scrupuleux de ses engagements et surtout de son agenda de travail. Or la plupart du temps les commissions sont devenues synonymes d’atermoiements voire d’enterrement des dossiers.
On peut certes regretter que le désir exprimé d’atteindre la vérité toute la vérité soit quelque peu entamé par l’interdiction faite aux témoins de révéler les noms de personnes responsables, comme ce fut le cas dans l’expérience Chilienne, Ganéenne et Sud-Africaine… mais ce handicap est de nature juridique, il est à rechercher dans les textes, constitutifs de la commission qui n’en faut pas une commission judiciaire d’enquête pour ces raisons, il aurait été plus judicieux d’attendre la fin de ces travaux en septembre 2005 et la présentation de son dernier rapport au Roi pour évaluer son rôle et sa mission. Une mission qui ne devrait pas se limiter à la réparation financière des victimes, ni à leur réhabilitation physique et moral qui sont, somme toute, un préalable légitime. Mais surtout d’en faire un message de préservation de la mémoire en vue de réconcilier l’Etat et la société afin que plus jamais ne se répéteront ces exactions et ces répressions, il fallait à mon avis donner des temps à l’instance équité et réconciliation avant de crier à la catastrophe car l’histoire, cette même histoire qui interpelle les tortionnaires d’hier jugera la vérité des intentions et des actions menées par ceux qui sont aujourd’hui a sa tête, il faut donner du temps , comme dit la chanson !
Dans cette perspective, est ce que l’IER garantira le respect de l’exercice des droits et libertés au Maroc ? est ce que cette instance pourra contribuer effectivement dans la réalisation de la justice transitionnelle ou bien faut il en parallèle une réelle démocratisation de toutes les institutions de l’Etat pour pouvoir instaurer un Etat de droit ?
En fin suffira –il parler d’une réconciliation tout en procurant aux victimes et avec la continuité de l’impunité auteurs de ces crimes ? et comment peut-on garantir la non répétition de ces violations dans l’avenir.



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