Résultat du système bancaire – établissements de crédit

Les performances des établissements de crédit – Chapitre III :
Au Maroc, comme ailleurs, la banque n’existe plus aujourd’hui au sens où on l’entendait il y a à peine plus de vingt ans. Les banques, en particulier au Maroc, se sont considérablement universalisées, réorganisées, informatisées, diversifiées et sont actuellement en train de s’internationaliser, donnant ainsi naissance à des firmes qu’il faut aujourd’hui examiner avec un regard neuf. Les profondes mutations qu’ont connues les différents métiers bancaires sont à l’origine de nombreux débats touchant à l’activité de cette industrie. L’importance du cadre réglementaire et des effets externes sur le reste de l’économie sont les résultats de la libéralisation du secteur financier, et particulièrement le secteur bancaire, de l’augmentation de l’offre à travers de nouvelles formes de financement, de l’introduction de nouvelles technologies de l’information et de la communication et de la tendance récente à l’accès de nouveaux concurrents étrangers au marché financier national.

Dans le cadre de ces restructurations, mesurer l’activité des banques en tant qu’acteurs de premier plan de la croissance économique, comprendre leurs comportements et l’impact de ceux-ci sur les variations de la rentabilité des institutions bancaires ainsi que ses répercussions sur l’ensemble de l’économie nationale est d’une importance capitale.
La diversification des produits bancaires est l’un des défis du service commercial et de marketing. Il aide à élargir les domaines et les segments d’intervention de la banque afin d’augmenter les parts de marché et même des revenus d’intérêt. L’offre de cet ensemble de services doit aller en symbiose avec l’innovation au niveau des moyens de communication entre la banque et sa clientèle tels que le télé – banking et l’internet – banking.

Section 1 : Résultat des établissements de crédit:
A. Résultat du système bancaire:
Au Maroc, l’exercice de l’activité bancaire et les modalités de sa supervision sont régis par les prescriptions de la loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, promulguée par le Dahir n° 1-05-176 du 15 moharrem 1427 (14 février 2006), ci-après désignée loi bancaire, ainsi que par les dispositions réglementaires prises pour leur application.

La politique de crédit des banques marocaines est favorable à leurs résultats au niveau tant des profits que des marges d’intérêt. Les établissements bancaires semblent capables de maintenir les crédits non rentables ainsi que les créances douteuses et en souffrance à des niveaux bas, ce qui leur a permis de réaliser des marges d’intérêt et des profits croissants. L’analyse de l’impact des variables macro-financières sur la rentabilité bancaire au Maroc suscite deux observations fondamentales. Premièrement, l’extension de la taille du marché des capitaux et le mouvement de la libéralisation a permis aux banques de glaner des marges d’intérêt et des profits substantiels.

Deuxièmement, les banques ont souffert, par la suite, d’une augmentation de la taille du marché des capitaux, plus rapide que celle de l’actif des banques, rendant ainsi le marché des capitaux et le secteur bancaire plus antinomiques que complémentaires. Du côté des déterminants macroéconomiques, la rentabilité des banques marocaines, quelque soit sa méthodologie de mesure, répond positivement à la croissance économique et au climat inflationniste. Le PIB affiche des effets stimulants de la rentabilité des banques marocaines, confirmant ainsi les éclairages théoriques et l’inflation est à l’origine de l’augmentation des dépenses de structure mais aussi de la réalisation de marges d’intérêt et de profits bancaires élevés.

Une telle extension permettra plus d’éclaircissement sur les politiques bancaires et leurs interactions avec les politiques économiques globales ainsi que sur leurs liens avec les développements observés au sein de la bourse des valeurs de Casablanca.

EVOUTION DES RESULTAT DES BILAN BANCAIRES
Evolutions des résultats des bilans bancaires

Evolutions des résultats des bilans bancaires

Le bilan de l’activité et les résultats réalisés au cours de l’exercice 2008 viennent confirmer la solidité du système bancaire et sa capacité d’adaptation et de développement dans un environnement international  très difficile.
Les crédits consentis par les banques, qui s’étaient déjà accrus de 29% en 2007, ont de nouveau progressé de 23%, représentant ainsi 75% du PIB contre 69%. Cette évolution s’est accompagnée d’une baisse du taux moyen des créances en souffrance à 6%, voire à 4,3% pour les banques à capital majoritairement privé.
En parallèle, le réseau bancaire s’est renforcé de près de 400 guichets ramenant le nombre d’habitants par agence à 9.900 au lieu de 10.900 en 2007 et par d’importantes acquisitions de filiales bancaires localisées dans des pays de la région à fort potentiel de croissance.
système bancaireLe résultat net agrégé de l’ensemble des établissements de crédit s’est établi, sur base sociale, à 10 milliards de dirhams, montant comparable à celui de 2007 qui était déjà d’un niveau exceptionnel. Cette stabilisation s’explique notamment par le ralentissement de la progression du produit net bancaire du fait de la décélération de la croissance de la marge d’intérêt et sur commissions, de la baisse du résultat des activités de marché et par l’absence de revenus exceptionnels. De plus, le coût du risque de crédit, après avoir enregistré en 2007 son niveau le plus bas au cours de cette décennie, s’est inscrit en hausse, limitée toutefois à quelques établissements.

En revanche, les huit groupes bancaires, ayant établi leurs états financiers sur base consolidée selon les normes IFRS, ont vu leurs bénéfices augmenter de 6,6% à 9,5 milliards de dirhams. Cette évolution témoigne, en particulier, de la contribution plus importante de l’activité exercée à l’étranger et des activités non bancaires telles que l’assurance. La banque de détail demeure au coeur des métiers de ces groupes et la principale source de leurs revenus, ce qui constitue un facteur essentiel pour la stabilité bancaire.
EN 2009 , Le système bancaire marocain a réalisé  un résultat net «très intéressant» de l’ordre de 9,3 milliards de dirhams (MMDH), en progression de 6%par rapport à 2008, Le crédit a, également, repris en 2010, avec une hausse de 12% à fin février, contre 9% en 2009, a précisé M. Jouahri, qui a qualifié d’«acceptable» le niveau des créances en souffrances en 2009 (environ 5%).

Cette bonne tenue du système bancaire durant l’année précédente s’inscrit en droite ligne avec les exigences de la Banque centrale, notamment l’amélioration de la bancarisation et des relations avec la clientèle, qui doivent être plus transparentes et moins coûteuses, en particulier, vis-à-vis des PME et de la petite clientèle.
Le gouverneur de Bank Al-Maghrib a indiqué, dans ce cadre, que son département se penche actuellement, en coordination avec les banques, sur l’élaboration d’un indice des services financiers à l’instar de l’indice des prix des actifs immobiliers, lancé le 15 mars courant par l’Institut d’émission et l’Agence National de la Conservation foncière du cadastre et de la cartographie (ANCFCC).

Par ailleurs, M. Jouahri a relevé certaines fragilités dans l’économie marocaine, comme la compétitivité des entreprises marocaines et le déficit de la balance des paiements, appelant dans ce cadre à plus de vigilance.
Malgré ces fragilités, l’économie marocaine a enregistré une reprise durant les premiers mois de l’année en cours, tirée essentiellement par les secteurs non agricoles.
Le marché marocain du crédit: Structures – comportements et performances



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