Evolution et structure de l'avifaune aquatique, paramètres écologiques

Chapitre 5: Résultats et discussion
1. Evolution et structure de l’avifaune aquatique dans Chott El Hodna
1.1. Les Anatidés
1.1.1. Canard colvert: Anas platyrhynchos
Le canard colvert présent le statut de sédentaire-nicheur en Algérie (Isenmann et Moali, 2000) fréquente préférentiellement les zones humides du littoral (Houhamdi, 2002). Cette espèce commence à coloniser le Chott dés le mois d’octobre. Le maximum des effectifs est observé durant le mois de janvier avec 360 individus (Figure n° 12-A) où les ressources alimentaires (graines, végétation, petits animaux aquatiques) sont à leur disposition. Généralement cette espèce occupe la partie occidentale du plan d’eau près des phragmites (Figure n° 13-A).

1.1.2. Canard souchet: Anas clypeata
Le canard souchet est bien représenté dans toutes les zones humides algériennes, que sa soit celles des hautes plaines de l’est algérien ou dans le Sahara (Samraoui et De Belair, 1998; Houhamdi et Samraoui, 2008; Saheb, 2003; Maazi et al, 2006). Les premières observations du Canard souchet dans le Chott débutent dés le mois d’octobre avec un effectif qui augmente considérablement pour atteindre un maximum de 1640 individus notés durant le mois de janvier. Une diminution est aussitôt notée ramenant l’effectif total à 540 individus observé pendant le mois de mars indiquant la fin de la saison d’hivernage pour le canard souchet (Figure n°12-B). Ce zooplanctonphage très sensible à la profondeur de l’eau (Pirot et al, 1984) à surtout occupée la région occidentale du Chott (Figure n° 13-B).

1.1.3. Canard siffleur: Anas penelope
Cette espèce est notée pratiquement dans toutes les zones humides de l’Est algérien (Houhamdi, 2002; Houhamdi et Samraoui, 2003; Maazi, 2005). Elle présente le statut d’hivernant (Houhamdi et Samraoui, 2003). Les premiers hivernants sont notés pendant le mois d’octobre avec des effectifs avoisinants les 153 individus. Cet effectif augmente progressivement pour atteindre un maximum de 440 individus notés au mois de février, puis diminue pour atteindre un effectif de 54 individus au mois de mars (Figure n° 12-C). Les individus de cette espèce frugivore (Camperdon, 1982, 1984) ont été surtout observé dans la partie occidentale du plan d’eau généralement regroupé (Figure n° 13-C).
Effectifs du Canard colvert, souchet et siffleur
Figure n° 12. Evolution des effectifs du Canard colvert (A), Canard souchet(B) et Canard siffleur (C)
canard-colvert-souchet-siffleur
Figure n° 13. Occupation spatiale du Chott El Hodna par le Canard colvert (A), le Canard souchet (B) et le Canard siffleur (C)

1.1.4. Canard chipeau: Anas strepera
Cette espèce préfére les plans d’eau spacieux où il y restant pendant toute la journée (Swanson et Nilson, 1976; Danell et Sjoberg, 1977; Allouche, 1987, 1988; Allouche et al, 1990). Les premières observations de cette espèce sont notées vers le mois d’octobre avec des effectifs avoisinants les 39 individus. Le maximum est de 150 individus noté pendant le mois de février. Elle quitte le plan d’eau et la région dés le mois de mars(Figure n° 14-A). Les départs précoces de cette espèce sont expliquées par son stockage important en énergie qu’est la conséquence d’une très bonne alimentation on se préparant a un bon déroulement de la reproduction. Comme mentionné par le journal scientifique (Thomas, 1976; Swanson et Nilson, 1976; Danell et Sjoberg, 1977; Paulu 1980,1983; Allouche et Tamisier, 1989; Allouche et al, 1990), les Canard chipeau passent le maximum de leur journée dans l’eau. Ces individus ont été notés dans la partie occidentale du Chott (Figure n° 15-A).

1.1.5. Sarcelle d’hiver: Anas crecca crecca
La sarcelled’hiver est une espèce hivernante dans tous le bassin méditerranéen (Houhamdi, 1998,2002; Houhamdi et Samraoui, 2001; Isenmann et Moali, 2000; Tamisier, 1972, 1974; Tamisier et al, 1995; Tamisier et Dehorter, 1999). Elle a commencé à coloniser le Chott progressivement, les plus grands rassemblements ont lieu entre le mois de janvier et le mois de février avec 2264 et 2050 individus a cause de leur caractéristiques très grégaire en hiver formants des rassemblements monospécifiques de plusieurs dizaine de milliers d’ individus (Tamisier et Dehorter, 1999) cela leur permettent de diminuer les risques de prédation diurne , avoir avantage a exercer leur activités de confort puis les effectifs diminuent régulièrement jusqu’aux 1846 individus (Figure n° 14-B). Cette espèce farouche a été principalement observée dans le plan d’eau surtout dans les endroits dégagés (Figure n° 15-B).

1.1.6. Sarcelle marbrée: Mamaronitta angustirostris
La sarcelle marbrée est une espèce régulièrement observée dans toute l’Afrique du Nord (Isenmann et Moali, 2000; Thévenot et al, 2003). Elle est aussi fréquente dans les hautes plaines de l’Est algérien (Houhamdi et Samraoui, 2003), mais rare dans notre site elle a été pratiquement observée pendant le mois de novembre avec un effectif de 48 individus puis diminue pour atteindre un minimum de 12 individus au mois de février, dés ce mois aucune observation n’a été remarqué pour cette espèce (Figure n° 14-C). Une salinité trop importante ne lui convient pas, le choix de leur habitat dépend de leur exigence alimentaire et des saisons. Elle préfère les régions dégagées du plan d’eau (Figure n° 15-C).
effectifs de Canard chipeau (A), la Sarcelle d'hiver (B) et la  Sarcelle marbrée (C
Figure n° 14. Evolution des effectifs de Canard chipeau (A), la Sarcelle d’hiver (B) et la Sarcelle marbrée (C)
Occupation spatiale du Chott El Hodna par le Canard chipeau (A), la Sarcelle d'hiver (B) et la Sarcelle marbrée
Figure n° 15. Occupation spatiale du Chott El Hodna par le Canard chipeau (A), la Sarcelle d’hiver (B) et la Sarcelle marbrée (C)

1.1.7. Tadorne casarca: Tadorna ferruginea
Cette espèce caractéristique des régions semi arides et arides (Isenmann et Moali, 2000) est présente presque pendant toute la période d’hivernage dont le maximum des effectifs est atteint 500 individus durant le mois de janvier(Figure n° 16-A). Malgré que cette espèce soit caractéristique de cette région, elle est présente avec un faible effectif, cela est dû au manque de quiétude. Elle est fréquentée près des phragmites dans la partie occidentale et orientale du Chott (Figure n° 17-A).

1.1.8. Tadorne de belon: Tadorna tadorna
Le tadorne de belon est l’anatidé le plus représenté dans les zones humides des hautes plaines de l’Est algérien (Boulakhssaim et al, 2006). Durant le début de notre étude nous l’avons observé au mois d’octobre avec 412 individus, les effectifs de cette espèce augmentent aussitôt pour atteindre un maximum de 5174 individus durant le mois de janvier. Les grands rassemblements de cette espèce aux mois de janvier et février reflètent l’importance de l’offre de nourriture que le Chott présente. Le minimum est de 211 individus vers le mois de mars (Figure n° 16-B). Ces individus ont occupés les berges et les plans d’eau où ils ont manifestés des déplacements plus au moins rapides accompagnés d’une activité intense (Figure n° 17-B).

1.2. Les Ardéidés
1.2.1 Héron cendré: Ardea cinerea
L’héron cendré est une espèce piscivore (Kayser et al, 1994; Frederiksen, 1992; Moser, 1984) qui fréquente en solitaire ou en groupe toutes les zones humides du bassin méditerranéen. Le graphique de l’occupation temporelle du Chott par l’héron cendré s’accroît progressivement pour atteindre un maximum d’effectifs de 52 individus vers le mois de février où la nourriture est disponible puis se décrois à 39 individus au mois d’avril (Figure n° 16-C). Elle occupe la partie occidentale du plan d’eau prés de phragmites et dans les points de développements des Oueds dans le Chott (Figure n° 17-C).
Figure n° 16. Evolution des effectifs de Tadorne casarca (A), Tadorne de belon (B)
et l’Héron cendré(C)
Figure n° 17. Occupation spatiale du Chott El Hodna par le Tadorne casarca (A), le Tadorne de belon (B) et l’ Héron cendré (C)

1.3. Les rallidés
1.3.1. Foulque macroule: Fulica atra
La foulque macroule est une espèce sédentaire dans toutes les zones humides du Nord africain (Isenmann et Moali, 2000; Thévenot et al, 2003; Isenmann et al, 2005). Elle niche régulièrement dans le Nord Est algérien (Rizi et al, 1999; Samraoui et Samraoui, 2007). Nous l’avons observé avec des effectifs varient entre 27 et 89 individus(Figure n° 18-A). Ces rallidés ont surtout un comportement grégaire prés des phragmites. Elles occupent généralement les parties profondes du chott (Figure n° 19-A) qui convient avec sa modalité d’alimentation (espèce plongeur) (Tamisier et Dehorter, 1999).

1.4. Les Phœnicoptéridés
1.4.1. Flamant rose: Phoenicopterus roseus.
C’est une espèce nicheuse dans les hautes plaines de l’Est algérien (Saheb et al, 2006; Boulakhssaim et al, 2006 ; Samraoui et al, 2006) abondante dans le Chott. Elle n’a commencé à fréquenter le Chott qu’a partir du mois d’octobre, les effectifs totaux varient entre 74 et 476 individus (Figure n° 18-B).leur déplacement ne suivent pas forcement un schéma saisonnier mais sont influencé par la présence ou l’absence d’eau dans les zones humides temporaires (Houhamdi et al, 2008). Ces oiseaux d’eau caractéristiques par leurs aspects farouches sont sensibles aux dérangements fréquentant les plans d’eau les moins profonds du Chott (Figure n° 19-B).

1.5. Les Scolopacidés
1.5.1. Chevalier aboyeur: Tringa nebularia
Ce limicole commence a colonisé le Chott à partir du mois de novembre avec un faible effectif. Le maximum est atteint au mois de février avec 200 individus(Figure n° 18-C). C’est une espèce de passage qui quitte le chott dés le mois de mars pour coloniser d’autres endroits Cette espèce a fréquenté les exutoires de la partie Sud Ouest du Chott (Figure n° 19-C).

1.5.2. Chevalier arlequin: Tringa erythropus
Cette espèce a utilisé le plan d’eau du mois de novembre jusqu’au mois de février, avec des effectifs varient de 37 et 227 individus (Figure n° 20-A) elle est hivernante tardive par rapport a d’autres espèces, elle quitte le chott au mois de mars. Ces limicoles ont fréquentés les mêmes endroits que le chevalier aboyeur (Figure n° 21-A).
Figure n° 18. Evolution des effectifs de Foulque macroule(A),
Flamant rose(B) et le Chevalier aboyeur(C)
Figure n°19. Occupation spatiale du Chott El Hodna par la Foulque macroule (A), le Flamant rose (B) et le Chevalier aboyeur(C)

1.5.3. Chevalier stagnatile: Tringa stagnatilis
Cette espèce présente avec 59 à 67 individus ont utilisés le plan d’eau durant le mois de décembre et janvier(Figure n° 20-B). Elle s’agit d’une espèce de passage. Ces oiseaux ont fréquentés la partie Sud Ouest du Chott près des phragmites (Figure n° 21-B).

1.5.4. Barge à queue noire: Limosa limosa
La barge à queue noire est une espèce très farouche (Spitz, 1965; Fournier et Spitz, 1965; Tréca, 1984) fréquente généralement les plans d’eau peu profonds et spacieux. Elle n’a été observé que deux fois au mois de janvier et février avec 30 et 38 individusrespectivement (Figure n° 20-C). Le Chott présente à cette espèce de passage un lieu de transit. Ces oiseaux d’eau ont fréquentés les endroits peu profonds du Chott soit près des phragmites et les endroits vaseux de la poche occidentale (Figure n° 21-C).

1.6. Les Recurvirostridées
1.6.1 Avocette élégante : Recurvirostra avosetta
L’avocette élégante est une espèce nicheuse dans les zones humides des hautes plaines de l’Est algérien (Saheb et al, 2006; Boucheker, 2005). Cette espèce est présente dans le Chott dés le mois d’octobre avec un effectif avoisinant les 124 individus, cet effectif augmente progressivement pour atteindre un maximum de 312 individus durant le mois de mars puis diminue faiblement au mois d’avril (Figure n° 22-A).les grands regroupements dans ces deux derniers mois est expliqué par leur préparation au départ. Ces Recurvirostridées ont surtout occupés les endroits vaseux prés des phragmites et dans la partie Sud-est et Sud-ouest du Chott (Figure n° 23-A).

1.6.2. Echasse blanche : Himantopus himantop
L’échasse blanche qui est aussi une espèce nicheuse dans les haute plaines de l’Est algérien (Saheb et al, 2006; Nadjah, 2005) nous l’avons pratiquement enregistré durant presque toutes nos sorties. Le graphique de l’occupation temporelle du Chott par l’échasse blanche suit une allure en dents de scie présentant un pic principal observé durant le mois de février avec un effectif de 174 individus(Figure n° 22-B). La distribution de cette espèce est marquée dans les endroits peu profonds du Chott où elle manifeste une activité alimentaire intense et variée (Figure n° 23-B).
Figure n° 20. Evolution des effectifs de Chevalier arlequin (A), le Chevalier stagnatile (B) et la Barge à queue noire (C) Figure n°21. Occupation spatiale du Chott El Hodna par le Chevalier arlequin (A), le Chevalier stagnatile (B) et la Barge à queue noire (C)
Figure n° 22. Evolution des effectifs de l’Avocette élégante (A), l’Echasse blanche (B)et le Gravelot a collier interrompu (C)
Figure n°23. Occupation spatiale du Chott El Hodna par l’Avocette élégante (A), l’Echasse blanche (B) et le Gravelot a collier interrompu (C)

1.7. Les Charadriidés
1.7.1. Gravelot a collier interrompu: Charadrius alexandrinus
C’est une espèce régulièrement présente dans le Chott. Le maximum des effectifs est de 1926 individus marqué au mois de janvier (Figure n° 22-C). Ces petits oiseaux ont été observés dans les zones de balancement des eaux et dans les endroits vaseux de la partie méridionale où sa nourriture est très fréquente et facilement captable (Figure n° 23-C).

1.7.2. Petit Gravelot: Charadrius dubius
Une seule observation de 2200 individus était marquée durant toute la période d’étude. C’était durant le mois de janvier (Figure n° 24-A). C’est une espèce occasionnelle où les conditions du milieu ont été favorables pour ses exigences écologiques dans ce mois. Elle a utilisée les endroits vaseux de la partie Sud du Chott (Figure n° 25-A).

1.8. Les Gruidés
1.8.1. Grue cendrée: Grus grus
Les grues cendrés hivernant dans la moitié occidentale du bassin méditerranéen .occupent les hauts plateaux de l’Algérie orientale où les céréalicultures sont abondantes (Isenmann et Moali, 2000; Isenmann et al, 2005) a colonisé notre site dés le mois d’octobre jusqu’au mois de février avec un maximum de 480 individus au mois de janvier(Figure n° 24-B). On sait que les sources de nourriture et d’alimentation, leur disponibilité et leur diversité ainsi que la quiétude sont les principaux facteurs qui conditionnent la fréquentation d’une région déterminée par ses oiseaux très farouches (Sanchez et al, 1998; Aviles, 2003; Aviles et al, 2002). Elle occupe les endroits proches des céréalicultures (Figure n° 25-B).

1.9. Les laridés
1.9.1. Mouette rieuse: Larus ridibundus
La mouette rieuse est une espèce hivernante, habituelle des zones humides de la Numidie algérienne (Houhamdi, 2002; Houhamdi et Samraoui, 2003) mais rare dans notre site, elle a été observé une fois avec un seul individu au mois d’octobre et 3 fois de même effectifs (2 individus) durant le mois de novembre jusqu’ au mois de janvier (Figure n° 24-C). Le nombre des oiseaux hivernants chez nous dépend non seulement de l’offre en nourriture mais aussi la grande mobilité des oiseaux et les conditions météorologiques. Ces oiseaux ont occupés surtout le centre de plan d’eau dans la partie Sud-ouest du Chott (Figure n° 25-C).
Figure n° 24. Evolution des effectifs de Petit Gravelot (A), La grue cendrée (B) et la Mouette rieuse (C)
Figure n°25. Occupation spatiale du Chott El Hodna par le Petit Gravelot (A), la Grue cendrée (B) et la Mouette rieuse (C)
1.10. Les Ciconiidés
1.10.1. Cigogne blanche : Ciconia ciconia

La Cigogne blanche est une espèce nicheuse dans toute l’Algérie (Samraoui et De Belair, 1998) et en Afrique du nord (Isenmann et al 2005, Thévenot et al, 2003). Cette espèce est tardive par rapport aux espèces précédentes, elle n’a commencé à colonisé notre site d’étude qu’a partir du mois de janvier avec un faible effectif puis augmente pour atteindre un maximum de 70 individus vers le mois de mais (Figure n° 26-A). Ces Ciconiidés occupent la partie occidentale du plan d’eau prés de phragmites mais préfèrent les endroits à haute altitude telle que les palmiers (Figure n° 27-A).

1.11. Les Accipitridés
1.11.1. Vautour percnoptère: Neophron percnopterus.
Deux observations successives avec 17 et 30 individus au mois de février et mars (Figure n° 26-B)ont été marqué généralement dans les exécutoires des eaux usées près du Chott surtout dans la partie Nord Ouest du Chott (Figure n° 27-B).
Figure n° 26. Evolution des effectifs de la Cigogne blanche (A) et le Vautour percnoptère(B)
Figure n°27. Occupation spatiale du Chott El Hodna par la Cigogne blanche (A) et le Vautour percnoptère (B)

2. Evolution des paramètres écologiques
2.1. L’abondance
L’allure du graphique de l’évolution temporelle de l’avifaune aquatique au Chott El Hodna durant la saison d’hivernage 2008-2009 nous montre que ce site n’est jamais vide mais toujours occupé (Figure n° 28). Le minimum enregistré est de 290 individus observé pendant le mois de mai et le maximum voisinant les 16418 individus notés pendant le mois de janvier.
D’une manière générale, nous pouvons dire que le mois de janvier rassemble le plus grand nombre d’individus ce qui traduit que les plus grands regroupements se font à ce mois. Aussitôt après des effondrements successifs traduisant des migrations prénuptiales de la majorité des espèces réduisant l’abondance totale à quelques espèces nicheuse dans la région.
Figure n° 28. Evolution de l’effectif totale des oiseaux d’eau dans Chott El Hodna

2.2. La richesse spécifique
Le graphique de la variation temporelle des richesses spécifiques nous expose des valeurs irrégulières du mois à l’autre où ces valeurs fluctuent entre 2 et 22 espèces du mois d’octobre jusqu’au mois de mai (Figure n° 29). L’allure du graphique expose une variation gaussienne traduisant encore une fois des arrivées pendant le début de notre étude et des départs vers la fin.
Figure n° 29. Evolution de la richesse spécifique des oiseaux d’eau dans Chott El Hodna

2.3 L’indice de diversité de Shannon et Weaver
La courbe de l’évolution de l’indice de diversité de Shannon et Weaver de l’avifaune aquatique du Chott de la saison d’hivernage étudiée nous expose des valeurs à des fluctuations faibles (Figure n° 30). Les valeurs les plus élevées traduisent les meilleurs équilibres aux alentours de 3.156 enregistré au mois de décembre 2008 et la valeur la plus basse est notée durant le mois de mai 2009 avec (H’ =0.797), traduisant un peuplement dominé par un petit nombre d’espèces avec une grande représentativité.
Figure n° 30. Evolution de l’indice de diversité des oiseaux d’eau dans Chott El Hodna

3.2. Indice d’équitabilité
D’après la courbe de l’évolution de l’indice d’équitabilité on remarque que le mois d’avril est le mois le plus équilibré avec E = 0.868 traduisant la richesse et la diversité en espèces dans ce mois (Figure n° 31).cet équilibre désigne la proximité de la répartition des individus entre les différents espèces (toutes les espèces ont presque la même abondance).cette diversité est notamment liée au type de communauté et de biotope considéré (Lacoste et Salanon, 2005).
Figure n° 31. Evolution de l’indice d’équitabilité des oiseaux d’eau dans Chott El Hodna

4. Analyse statistique
L’analyse statistique multivariée, réalisée par le logiciel ADE4 (Chessel et Doledec ,1992) par le biais de l’A.F.C. (analyse factorielle des correspondances) dans un plan factoriel 1×2 qui rassemble plus de 75% de l’information.
La figure n° 32 traduit une distribution et une occupation structurée dans le temps au Chott par l’avifaune aquatique. D’une manière générale pour la saison d’hivernage de notre étude nous avons observé trois groupements structurés dans le temps:
– Le début d’hivernage allant du mois d’octobre jusqu’au mois de décembre, il représente la période d’arrivé des premiers hivernants. La concentration des espèces dans cette période est importante, elle est caractérisée par les espèces suivantes: Canard souchet, Canard siffleur, Canard chipeau, Sarcelle d’hiver, Sarcelle marbré, Foulque macroule, Grue Cendré, Mouette rieuse et le Vautour percnoptère. L’arrivé de ses dernières est expliqué par la réponse aux exigences alimentaires, pour récupérer l’énergie dépensée durant la migration et assurer leur croissance. A cette période de cycle hivernale les ressources alimentaires sont abondantes et l’eau est disponible au Chott.
– Du mois de janvier jusqu’au mois de mars représente le mi hivernage où le Canard colvert, le Tadorne cascara, le Chevalier aboyeur, le Chevalier arlequin, le Chevalier stagnatile, la Barge à queue noire, le Gravelot à collier interrompu et le Petit gravelot, sont très remarqués. Cette période se caractérise par l’abaissement du niveau d’eau, ce qui explique la dominance des limicoles.
– En fin le troisième groupement fréquente notre site dans la période s’étalant du mois d’avril jusqu’au mois de mai, ce qui indique la fin de la saison d’hivernage. Les espèces remarquées sont: l’Héron cendré, le Flamant rose, l’Avocette élégante et l’Echasse blanche. L’exploitation de ce site dans cette période est expliquée par le rehaussement du niveau d’eau.
Figure n° 32. Plans factoriel 1×2 de l’AFC
Axe d’inertie: 0,48. 0,25. 0,15. 0,07. 0,002

5. Budget temps
Lorsqu’un oiseau manifeste un comportement, c’est en réponse à une nécessité, à une exigence. Connaître ces activités, ces comportements, c’est donc commencer a comprendre de quoi ont besoin, c’est accéder a la connaissance de leurs exigences écologiques.
L’observation des comportements des oiseaux en période hivernale devient un moyen et une technique pour comprendre les besoins que doivent satisfaire ces oiseaux pendant les mois qu’ils passent sur un quartier d’hiver (Tamisier et Dehorter, 1999).

5.1 Budget temps de la sarcelle d’hiver
Le suivi de l’activité diurne de la sarcelle d’hiver dans le chott nous expose que le sommeil représente l’activité principale avec une dominance dépassant le 48 % (Figure n° 33).
Il est suivi de l’activité alimentaire avec un taux avoisinant les 20% puis les autres activités avec des taux plus au moins variables.
Le sommeil dominant ce bilan de ces rythmes d’activités exprime une phase de moindre dépense énergétique. Cette duré prolongée du sommeil a permet à cette espèce de maintenir leur stocke de réserves (principalement les lipides) impératif pour résister aux températures basses de milieu (Tamisier, 1972). Ces réserves sont essentielles pour la préparation à des longues migrations.
L’alimentation ou l’emmagasinement énergétique est une activité quasi nocturne chez les sarcelles d’hiver hivernantes (Tamisier, 1966; 1970; 1972; Houhamdi et Samraoui, 2001; Guillemain et al, 2005) mais les 20% observés dans notre étude diurne sont du à l’insuffisance des apports nocturnes.
L’activité de l’entretien de plumage des sarcelles d’hiver est de 11.02 % se manifeste par le barbotement dans les flaques d’eau pour réarranger les plumes après le vol.
Figure n° 33. Le budget temps de la sarcelle d’hiver

5.2. Budget temps du Tadorne cascara
L’exploitation des résultats des rythmes d’activités diurnes de Tadorne casarca dans le Chott durant les 182 minutes, nous montre que l’alimentation est l’activité prédominante avec 30.77% (Figure n° 34). L’énergie acquise a travers la nourriture conditionne en effet toute la vie de l’oiseau: elle permet de répondre à ses exigences immédiates de maintenance et de croissance. Une partie de cette énergie est également stockée a fin de répondre aux exigences des phases suivantes du cycle annuel dans la perspective d’un meilleur succès de reproduction.
Le sommeil représente 23.63% du budget temps du Tadorne casarca. C’est la principale activité de confort pour eux, il est suivi par l’entretien de plumage (toilette) avec 20.33%. Ce comportement à une double fonction d’une part: nettoyer le plumage (retirer les vieilles plumes, maître en bonne place celles qui poussent). D’autre part graisser les plumes avec le produit de la glande uropygienne (sur le croupion) pour en assurer l’imperméabilité.
Le repos et la marche sont représentés avec 15.38% et 8.24% successivement et en fin le vol avec 1.65 %, il correspond au besoin particulier comme le déplacement entre lieu de repos et lieu d”alimentation, déplacement spontané dans le cadre d’une parade nuptiale par exemple: réaction de fuite vis avis d’un prédateur.

Figure n° 34. Le budget temps du tadorne cascara

5.3. Budget temps du Tadorne de belon
L’exploitation des résultats des rythmes d’activités diurnes de Tadorne de belon dans le Chott après 170 minutes de suivi , nous montre que le sommeil est l’activité la prédominante avec 42.35% de budget temps, elle est suivie par la marche et la toilette avec 17.06 et 17.64%, l’alimentation avec 12.93%, le vol et le repos présente 4.7% pour chacun, l’activité de la nage est faiblement représentée avec 0.6%.
L’analyse du budget temps a montré que le Tadorne de belon a consacré environ de 42% de leur temps diurne au sommeil qui est la principale activité de confort. Ces oiseaux dorment le plus souvent sur l’eau. Le Tadorne de belon a des activités d’alimentation beaucoup plus nocturne que diurne se qui explique ces pourcentages.
Le vol est observé avec un taux faible, ne dépasse généralement pas les 5% (Figure n° 35). Il est néant moins important de distinguer trois types de vol chez les Tadornes de belon. Les vols effectués sur les remises pendant la journée et qui correspondent à des changements de places sans cause apparente (Tamisier, 1970; Tamisier et Dehorter, 1999). Les vols engendrés par des dérangements qui représentent essentiellement des vols de sauvegardes occasionnés par le passage des prédateurs et de riverains. Le troisième type est souvent engendré par des exigences particulières et qu’il s’agit de vols systématiques. Le repos est manifesté généralement après une alimentation intense ou un vol prolongé, on ne marque aucune mobilité d’oiseau.
En fin l’activité de la nage est souvent considérée chez les Anatidés comme un comportement non typique. Elle correspond dés fois à un moyen de revenir à une activité normale après des dérangements (Tamisier, 1972).

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Figure n° 35. Le budget temps de Tadorne de belon
Ecologie et occupation spatio-temporelle de l’avifaune aquatique



   One Comment


  1. Dr Daniel Petit
      3 April, 2014

    Vos recherches sont très intéressantes et utiles. Nous travaillons avec le Pr. Mohammed Lafri de l’Université Saad-Dahleb de Blida sur l’écologie des moutons Ouled-Djellal et souhaiterions avoir accès à des données sur la climatologie de la wilaya de M’sila.
    Je vous remercie de votre attention,
    Bien cordialement,
    Daniel Petit

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