Mondialisation des menaces écologiques et défis sur le Maghreb

MONDIALISATION ET DEFIS ECOLOGIQUES PLANETAIRES : QUELS RISQUES POUR LE MAGHREB ?
La mondialisation et/ou la globalisation de l’économie est au centre des préoccupations des décideurs politique. Des stratégies à long terme sont mises sur pied pour faciliter l’intégration des économies des pays du Maghreb dans le marché mondial.
La mondialisation en tant que concept véhiculé actuellement par les médias n’a qu’une vision strictement économique étriquée. Or, si les systèmes économiques des différents pays tant développés qu’en développement ressentent la nécessité de l’urgence de répondre aux défis de la globalisation de l’économie, d’autres défis d’ordre économique menacent la planète.
Le réchauffement du climat est aujourd’hui devenu une certitude, surtout sur l’avenir, inquiétant.
Dans cet section, nous allons essayer de cerner les défis de la mondialisation des menaces écologiques, […]
Problématique de la gestion durable de l’eau: Le coût économique du recyclage des eaux usées
Chapitre II : Nécessite d’un changement radicale de notre   comportement vis-à-vis de l’utilisation des ressources hydriques.
Section II : Réduction des changements climatiques :
[…] section, nous allons essayer de cerner les défis de la mondialisation des menaces écologiques, qui pèsent aussi sur les pays du Maghreb, dont le réchauffement du climat est le plus dangereux et de tracer les perspectives d’une stratégie maghrébine globale pour y faire face.

I) Mondialisation des menaces écologiques et défis sur le Maghreb
Le concept de mondialisation tel qu’il est véhiculé par les médias reste exclusivement d’ordre économique. Une autre approche multidimensionnelle inclurait certes la globalisation de l’économie mais exprimerait d’autres évolutions. C’est à propos de la mondialisation des problèmes écologiques que nous consacrons le reste de ce chapitre.
Aujourd’hui, des défis écologiques menacent la planète toute entière : il s’agit principalement du réchauffement de l’atmosphère. Les études disponibles confirment les impacts négatifs qu’une telle évolution aurait sur les pays de l’Union du Maghreb Arabe(1).
Quelle est la position de ces pays maghrébins vis-à-vis de la question du réchauffement du climat ?

A) Les négociations multilatérales sur le réchauffement climatique : la position des pays de l’U.M.A.
La détérioration constante de l’état écologique de la planète a conduit la communauté internationale à se préoccuper de cette question qui mobilise, déjà, les organisations non gouvernementales depuis fort longtemps.
En 1972, l’O.N.U a organisé une conférence sur l‘environnement qui s’est tenue à Stockholm. A cette époque, les pays en développement se sont présentés en bloc homogène et cohérent.
Leur position consistait à repousser l’idée de tenir compte dans leur politique de développement de la question environnementale qu’ils estiment n’intéresser que les pays industrialisés et riches.
Or, l’expérience a révélé que chaque type ou modèle de développement qu’il soit libéral ou socialiste(2) posait des problèmes écologiques graves.
L’intérêt marqué de la communauté internationale pour les questions écologiques s’est concrétisé par l’organisation d’un cycle de conférences internationales sur le réchauffement de l’atmosphère d’où se disputent de l’intérêt divergent et des oppositions politiques.
Cependant, il est remarquable de souligner la position commune affichée par les pays de l’Union Européenne à l’occasion des négociations internationales sur le réchauffement de l’atmosphère notamment à Kyoto (1997) et à Buenos Airs (1999).

Quant aux pays en développement, ils étaient opposés à l’idée de réduire l’utilisation des intrants nécessaires à leur développement, notamment les énergies fossiles responsables de l’effet de serre. Cependant, les revendications des pays industrialisés consistaient à réclamer que les pays en développement les plus industrialisés entreprennent de limiter l’utilisation des gaz à effet de serre. Par conséquent, les pays du Sud les plus développés en particulier le Brésil, l’Inde, la Chine, l’Argentine…etc., devaient faire un effort pour participer à l’atténuation des risques liés au réchauffement de l’atmosphère. Ces pays épaulés par les autres pays en développement ont refusé, lors des négociations internationales qui se sont déroulées aussi bien à Kyoto qu’à Buenos Aires, de discuter du principe de réduction de l’utilisation des gaz de serre qui pourrait être préjudiciable pour leur développement.

C’est la seule fois où les pays du Sud ont manifesté leur solidarité et leur volonté de résister aux pressions diplomatiques des pays industrialisés. Le mouvement des pays du tiers-monde est de moins en moins solidaire et homogène dans les enceintes internationales ; le groupe des 77 est effrité, le mouvement des non-alignés a beaucoup de peine à rassembler les pays du Sud du fait de l’effondrement de l’ex-URSS et de l’établissement d’un ordre mondial unipolaire où dominent les Etats-Unis tant sur le plan politique qu’économique.
Qu’en est-il de la position des pays du Maghreb dans les négociations diplomatiques contemporaines relatives à des questions plurielles, création de la Cour pénale internationale, signature d’un accord-cadre avec l’Union Européenne relatif à la zone de libre échange, élaboration d’une convention internationale sur la réduction des gaz à effet de serre responsables du réchauffement du climat…etc. ?
L’établissement de l’Union du Maghreb Arabe laissait présager une coordination des positions diplomatiques dans les enceintes internationales.

C’est dans le cadre des négociations engagées avec l’Union Européenne sur de nombreux thèmes comme par exemple, le partenariat, la zone de libre échange, la pêche, les question agricoles… etc., que les pays du Maghreb étaient appelés à se présenter entant que bloc à l’image de leur partenaire européen(3).
Malheureusement si les pays de l’U.M.A ont créé des institutions qui pouvaient servir de cadre utile de négociation diplomatiques, les divisions politiques ont eu raison du rêve d’unification de leur peuple.
En guise de conclusion, les pays membres de l’Union du Maghreb Arabe se sont présentés en rang dispersé à l’occasion des négociations sur le réchauffement de l’atmosphère qui ont lieu récemment. Pourtant, les impacts du réchauffement climatique sur le l’eau, perte de la biodiversité, déforestation etc.…
A l’occasion de la conférence de Kyoto, les pays du Sud répétaient à tue-tête qu’ils n’étaient pas disposés à réduire l’utilisation des gaz à effet de serre. C’est une position défendable mais discutable. Les discours des délégations des pays du Maghreb convergeaient pour exprimer un point de vue unique mais repéré par plusieurs voix différentes.

Dans l’immédiat, les institutions de l’U.M.A sont en veilleuse. L’union créée est morte. Une coordination des positions diplomatiques des pays constituant l’U.M.A est du domaine de l’impossible ! ce sont donc les organisations internationales comme l’Organisation Météorologique mondiale qui se sont préoccupées de dessiner une stratégie commune pour parer aux éventuels impacts du réchauffement de la planète.

B) Les impacts prévisibles du réchauffement du climat sur le Maghreb
Grâce  à des travaux  importants réalisés par des équipes scientifiques de différents pays et par le Groupe International sur l’Evolution du climat, le réchauffement climatique est une certitude scientifique(4).
Peut –on pour autant cerner de façon précise les risques écologiques qui pèsent sur le Maghreb ?
A l’heure actuelle, les donnés scientifiques disponibles ne permettent pas de prévoir avec exactitude les impacts réels et maîtrisés de l’évolution du climat du fait des gaz à effet de serre(5).
Mais, à la lumière des travaux scientifiques existant, on peut dégager quelques tendances générales(6).

a) L’extension de la désertification :
La menace la plus importante qui risque de se produire si se confirment les  changements climatiques induits par l’homme est l’extension de la désertification au Maghreb qui prendra des proportions inquiétantes et couvrira davantage de territoire.
La désertification rampante entraînera des effets socio-économiques profondément  préoccupants : exode rural, paupérisation, urbanisation chaotique et conflits sociaux en perspective(7).

b) la sécheresse :
La  sécheresse est un phénomène climatique auquel la population maghrébine est habituée. Mais les perspectives sombres les pays de l’U.M.A induites par les changements climatiques rendront les cycles de sécheresse durables dans le temps et l’espace.
Au regard des impact liés aux changement climatiques, la sécheresse sera une donnée structurelle qui bouleversa le mode de vie des population des pays du Maghreb et leur tissu économique et social.
La production agricole sera exposée doublement aux aléas de la sécheresse et la dégradation des sols et à la rupture des équilibres écologiques.

c) La raréfaction de l’eau :
Dans les pays du Maghreb, l’eau constitue déjà un problème de société qui préoccupe les pouvoirs, les aménagements et les planificateurs. Le volume d’eau consommée par la population maghrébine s’amenuisera de plus en plus et l’approvisionnement des villes coûtera de plus en plus chère et nécessitera des investissements importants(8)
Le déséquilibre hydrologique provoquera l’effondrement de plusieurs activités économiques. la production hydroélectrique souffrira de la réduction du débit des rivières.
L’augmentation des sécheresses d’été et des températures d’hiver sera préjudiciable à l’agriculture provoquant disettes et famines locales. Les rendements pourraient connaître une baisse de 30%.

d) La perte de la biodiversité :
La richesse de la biodiversité faunistique et florale des aires du Maghreb est fort connue et appréciée par les chercheurs. Celle-ci est aujourd’hui largement menacée par la dégradation des sites  (biotope) écologiques qui abritent cette richesse(9).
Les impacts du changement climatique attendus auront des effets catastrophiques sur la richesse de la biodiversité au Maghreb(10).
Des espèces variées d’animaux et de plantes disparaîtront précipitamment(11).
Beaucoup d’organismes et d’écosystèmes ne seront pas capables de s’adapter. Des changements dans les courants marins entraîneront la migration d’espèces de poissons, réduisant la pêche artisanale.

Que faire ? L’état  politique actuel des pays de l’Union du Maghreb arabe éloigne toute perspective de coopération et de coordination. La constriction d’une union demeure utopique tant les préoccupations des hommes politiques algériens restent fondés sur des calculs politiques étriqués et hégémoniques qui ruinent tout espoir d’unification maghrébine.

A l’échelle de certaines organisations internationales (Organisation mondiale de la météorologie), des projets de coopération à l’intention des pays maghrébins ont été mis en œuvre pour juguler les effets catastrophiques des changements climatiques.
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(1) C.F Mohammed Bedhri, le réchauffement du climat : quels impact sur le Maroc ? Edition Jossour.2000, p.200
(2) Les pays de l’ex-URSS ont saccagé l’environnement au point que l’on estime aujourd’hui que des centeines de milliards de dollars seront nécessaires pour réparer les dommages causés à la nature.
(3) Plusieurs voix européennes se sont élevées pour demander aux pays de l’UMA de négocier en bloc avec l’Union européenne pour des raisons de cohérence et de convergence d’intérêt.
(4) C.F Rapport du Groupe International sur l’évolution du climat (CIEC).1996
(5) Aspects Nord-sud des changements climatiques. Rapport des journées d’études organisées par alternatives pour un monde différent, mais 198, Canada.
(6) Global environnemental change report, Cutter Information Corp. Rapport sur les politiques, la science et l’industrie 1998.
) (7) Development Alternatives Activities implemented jointly to mitigate climate change, proceeding of the All conference held in New Delhi,8/10 January 1997,p.450.
(8) C.F. Travaux de la conférence internationale sur l’eau. Paris, 1998.
(9) C.F. Sciences et Avenir,n° 2666, 615, mai 1998.
(10) C.F. Rapport du Groupe international sur l’évolution du climat, 1995
(11) C.F. Etude sur les aires de protection au Maroc, Ministère de l’agriculture, 1993



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