L'impact de la pollution sur le stock de l’eau douce

Les stocks d’eau sur Terre devraient être capables de se renouveler. Malheureusement, certaines activités de l’homme (les usages domestiques, l’industrie ou l’agriculture) polluent gravement les cours d’eaux et nappes phréatiques, sources d’eau potable. En plus de provoquer des dégâts parfois irrémédiables sur l’écosystème, cette pollution tue chaque année plus de 2,2 millions de personnes, surtout dans les pays les plus pauvres qui manquent cruellement de système d’assainissement de l’eau.

Les eaux douces sont celles qui, contrairement aux eaux dures et à l’eau de mer, contiennent peu de sels dissous. Elles représentent 3% de l’hydrosphère. Près des trois quarts sont des glaces polaires, un peu moins du quart restant des eaux souterraines et une infime partie des eaux superficielles. Le volume des eaux douces directement utilisables est finalement d’environ 0,01% de l’eau sur Terre. L’eau circule en […]
Problématique de la gestion durable de l’eau: Le coût économique du recyclage des eaux usées
Chapitre I : Impact des changements climatiques et de la surpopulation sur le stock de l’eau douce de notre planète
Section II : Impact de la pollution sur le stock de l’eau douce
2 : Impact de la pollution sur le stock de l’eau douce
[…] directement utilisables est finalement d’environ 0,01% de l’eau sur Terre. L’eau circule en permanence entre les différents réservoirs (mers et océans, eaux continentales superficielles et souterraines, atmosphère et biosphère). Ainsi, même si les stocks sont limités, certains sont en permanence renouvelés. Si on lui en laisse le temps, l’eau est une ressource complètement renouvelable.

Arsenic au Bangladesh

Au Bangladesh, la contamination par l’arsenic de la nappe phréatique met en péril la vie de près de 75 millions de personnes (d’après une enquête menée par le British Géologique Survey, ils étaient plus de 50 millions de personnes à boire l’eau contaminée au Bangladesh en 2001). L’arsenic est contenu dans la roche de fond du bassin du Brahmapoutre d’où l’eau est pompée à la surface par des millions de puits. Il peut provoquer des cancers du sein, des maladies des reins et du foie, des problèmes respiratoires et la mort. Plus de 25 % des 4 millions de ces puits tubulaires qui sont la principale source d’eau de boisson ont une teneur en arsenic dangereuse L’OMS décrit cette situation comme « le plus vaste empoisonnement d’une population de l’histoire ». Un rapport du FAO conclut que les habitants pourraient être exposés à l’arsenic non seulement par l’eau potable, mais indirectement par les cultures vivrières irriguées via la nappe phréatique polluée. En effet, environ 95% des eaux souterraines prélevées sont destinées à l’irrigation et 5% aux usages domestiques. En 2001, quelque 24 millions de personnes ont déjà été empoisonnées par l’arsenic.

Cependant, l’activité humaine a conduit à une détérioration de la qualité des réserves d’eau. 25% des cours d’eau d’Europe occidentale et méridionale sont pollués à un niveau extrême. Deux milliards de personnes dans le monde et 40% de l’agriculture mondiale dépendent des nappes d’eau souterraine non renouvelables pour répondre à leurs besoins en eau potable et en eau d’irrigation.

Une ressource vitale

L’eau douce sert à la consommation humaine, pour boire, préparer les aliments, irriguer les cultures. Une eau de mauvaise qualité nuit à la santé. Avec l’accroissement de la population mondiale, la consommation globale d’eau a augmenté, mais tout le monde ne dispose d’une eau propre à la consommation.

Le mode de vie des pays développé a également contribué à accroître la consommation d’eau (toilettes, douches, loisirs…). De plus, la concentration urbaine des populations nécessite le transport et l’assainissement des eaux à plus grande échelle et les citadins rejettent des eaux polluées. Ainsi, pour les villes, la distribution et le traitement des eaux sont des défis, ils représentent une part non négligeable des budgets.

Causes de la pollution

L’industrie, l’agriculture et les usages domestiques sont responsables de la pollution des eaux douces. La pollution peut être causé par les matières organiques (déchets rejetés sans traitement préalable) et microbiologiques. Ce type de pollution provoque l’asphyxie de la faune aquatique.

La première source de pollution des rivières vient des matières organiques, notamment les excréments humains. D’une part, ils saturent l’eau, empêchant le fonctionnement naturel des écosystèmes, d’autre part, ils introduisent des micro-organismes pathogènes qui transmettent des maladies à l’homme si l’eau n’a pas été épurée avant consommation.

Les pesticides contaminent les cours d’eau mais aussi les eaux souterraines par infiltration ; dispersés dans l’atmosphère, ils retombent sous forme de pluies. Les aquifères sont aussi touchés par les nitrates contenus dans les engrais. La pollution par nitrate, due à 66% à l’agriculture, peut avoir des effets toxiques sur l’organisme humain s’ils sont ingérés en trop grande quantité. Tout comme les phosphates, ils modifient l’équilibre biologique des milieux aquatiques, provoquant des phénomènes d’eutrophisation.

D’autres types de pollution peuvent dégrader les eaux douces : métallique (non biodégradable), radioactive, thermique (l’eau est utilisée comme liquide de refroidissement), ou acide.

L’aménagement des cours d’eau, notamment la construction de barrages, peut avoir des conséquences désastreuses sur l’eau douce.

Maladies liées à l’eau

En 2002, environ 2,6 milliards de personnes manquent d’un système d’assainissement adéquat et 80% de ces personnes vivent en Afrique subsaharienne et en Asie du sud-est.

Plus de 2,2 millions de personnes, essentiellement dans les pays en développement, meurent chaque année de maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau et à des conditions sanitaires déplorables. Toutes les huit secondes, quelque part dans le monde, un enfant meurt d’une maladie liée à une eau souillée. Les micro-organismes abondent dans les eaux souillées par les déjections animales et humaines.

Certaines de ces bactéries déclenchent de fortes diarrhées qui peuvent conduire à une déshydratation importante de l’organisme entraînant la mort. Dans les pays chauds qui ne disposent pas de latrines septiques, les matières fécales des personnes malades contaminent rapidement les eaux de boisson. Le paludisme et le dengue sont d’autres exemples de maladies où l’eau polluée infecte les moustiques qui ensuite les transmettent à l’homme.

Conséquences sur les écosystèmes

Un écosystème aquatique devient insalubre ou malsain lorsque l’équilibre de l’état naturel a été perturbé. Ces perturbations peuvent être physiques (ex : apport d’eau chaude dans un cours d’eau), chimiques (ex : rejet de déchets toxiques) ou biologiques (ex : introduction et propagation d’espèces animales ou végétales non indigènes). La pollution des eux douces peut provoquer : la mort de certaines espèces, l’eutrophisation, des tumeurs et difformités chez les animaux, le développement des bactéries…

De nombreux symptômes du mauvais état d’un écosystème surviennent simultanément. Par exemple, l’acidité accrue de l’eau d’un lac peut entraîner la mort de certaines espèces et ainsi permettre la prolifération temporaire d’espèces supportant mieux l’acidité.Haut du formulaire

Conclusion :

Un grand nombre d’études indiquent que les facteurs climatiques, en particulier la température et la sécheresse, sont des déterminants majeurs de l’acidité de l’eau et d’un large éventail de processus biologiques et géochimiques. Par exemple, on a observé qu’une élévation de la température de l’eau accroît l’activité microbiologique, qui accentue la mobilisation des métaux présents dans le substrat. Comme l’adaptation du poisson est possible dans une certaine fourchette de conditions environnementales, une modification de l’un ou l’autre de ces facteurs est susceptible de causer du stress et d’augmenter le taux de mortalité chez certaines espèces de poisson.



Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *