Les besoins Economiques et Sociaux du Maroc

Les besoins économiques du maroc: “I l est bien établi que le Maroc connaît des déficits importants dans plusieurs dimensions relatives au développement humain. Ce sont de tels déficits qui ont suscité la mobilisation explicite des efforts publics, privés et associatifs dans des projets dits sociaux et destinés à résorber les manques accumulés dans différentes dimensions du développement humain. Bien que ces programmes aient été commencés durant les années 1990, ils n’ont pu être systématisés et adoptés comme orientation et pratiques que récemment avec le lancement de l’Initiative Nationale de ” […]
Économie du savoir
Troisième partie: L’insertion du maroc dans l’économie du savoir
Chapitre I: Porquoi le renforcement de l’industrie du Maroc dans l’économie du savoir?
Section 1 : Les besoins Economiques et Sociaux du Maroc
[…] récemment avec le lancement de l’Initiative Nationale de Développement Humain (INDH). En effet, les besoins du pays couvrent l’économique et le social où l’emploi productif, l’enseignement utile ainsi que le développement des entreprises deviennent des piliers centraux. D’ailleurs, les défis de la compétitivité et de l’ouverture de l’économie et de la société sur le reste du monde et des marchés, exigent à ce que de tels besoins soient continuellement ajustés et satisfaits. Le renforcement de l’intégration matérielle du Maroc dans la société de la connaissance (au sens large) est de nature à offrir les informations nécessaires et les matériaux indispensables pour l’accroissement des chances de réussite.

Les besoins, pouvant être comblés à partir d’une plus grande insertion du pays dans l’économie de la connaissance, englobent les dimensions sociales et économiques aussi bien au niveau global que local, en passant par les préoccupations sectorielles. En effet, la réponse aux déficits observés et qui s’étaient accumulés au cours des périodes passées, exige à ce que des solutions pérennes soient continuellement trouvées et partagées avec les ménages, les localités, les régions, les secteurs et avec les différents opérateurs dans la société. Ceci exige à ce que des flux de connaissances soient continuellement générés et utilisés pour améliorer les niveaux de prospérité dans les économies locale et globale.

1) Pauvreté:
La pauvreté a toujours été concentrée dans le milieu rural d’après les deux enquêtes nationales sur les niveaux de vie des ménages en 1990-91 et 1998-99. La pauvreté basée sur le revenu a augmenté de 13 à 19% de la population (dont la consommation est inférieure au seuil de pauvreté) entre les périodes de ces deux enquêtes. Le Haut Commissariat au Plan a estimé le taux de pauvreté en 2000-2001 à 17.8% d’après l’enquête sur la consommation des ménages 2000- 2001. Un autre élément qui ressort de la deuxième enquête nationale sur les niveaux de vie des ménages est relatif à l’augmentation de la pauvreté urbaine.

Au début des années 1990, des hypothèses relatives à la chaîne causale de la pauvreté sont apparues. Ceci commencerait par la différence de performance entre le secteur agricole et les secteurs urbains qui généreraient des migrations vers les villes. Celles-ci s’aggraveraient par les effets des sécheresses. L’incapacité des villes à offrir toutes des conditions propices serait la cause de l’apparition de zones pauvres et des populations défavorisées en milieu urbain.

D’autres facteurs liés aux processus de distribution de richesses entre l’urbain et le rural et entre différents segments d’un même milieu pourraient aider à renforcer les niveaux de connaissance en mesure d’enrichir les programmes d’inclusion et de lutte contre la pauvreté.

La considération des segments vulnérables des populations rurale et urbaine pourrait aussi aider à enrichir les programmes et les canevas d’actions. Les comparaisons entre localités et avec d’autres pays constituent des éléments certains de renforcement du processus de savoir qui doit alimenter la satisfaction des besoins liés à l’éradication de la pauvreté.

La part des pauvres dans le milieu urbain est passée de 27 à 34% au cours des années 1990 (Banque mondiale, 2004). Ceci est principalement concentré dans la partie ville ancienne (Médina) des villes où une culture différente et des comportements spécifiques existent.

La population pauvre urbaine est confrontée au manque d’emploi, l’accès inadéquat au logement et aux services de base.

2) Education :
Concernant l’éducation, beaucoup de progrès ont été fait pour améliorer le taux de scolarisation des enfants. Cependant, quelques problèmes persistent concernant l’analphabétisme et l’accès des filles à l’école.

Parmi les facteurs qui bloquent l’accès à l’éducation, et donc à la connaissance, figurent les coûts implicites d’accès à l’école qui englobe le coût d’opportunité relatif à l’envoi des enfants à l’école au lieu de les activer autrement (activités ménagères, activités agricoles…) que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du ménage. De plus, les facteurs qui causent la perte de la connaissance sont relatifs aux déperditions scolaires avant l’âge de 15 ans. Les élèves ont recours à cette possibilité soit par obligation familiale (mariage des filles appartenant aux milieux ruraux et semi ruraux) soit par déperdition normale. Par contre, les facteurs internes à l’école qui causent ces désertions comportent des anomalies dans le processus pédagogique.

Le rapport élèves/enseignent (étant le nombre d’élèves par enseignant) dans les écoles primaires est passé à un enseignent pour 25 élèves en 2000/01 d’une moyenne de 23 élèves pour un enseignent en 1994/95 (HCP, 2005) . Un autre facteur interne à l’école est la constitution de classes à niveaux multiples qui est une caractéristique importante de l’enseignement en milieu rural. Ce facteur est une source de problèmes pédagogiques et de gestion qui pourraient causer des déperditions. Selon l’étude d’évaluation de l’impact des réalisations du premier programme des priorités sociales (BAJ1), la déscolarisation est due, principalement, à la pauvreté c’est-à-dire au manque de moyens, au travail précoce de l’enfant pour l’aide de la famille et à la distance séparant l’école et le lieu d’habitation. Cependant, plus de connaissances relatives aux facteurs régissant le processus éducatif sont nécessaires et des investigations pertinentes sont obligatoires pour trouver les solutions adéquates pour chacune des situations aux niveaux des différents types d’écoles, élèves et ménages.

3) Analphabétisme :
En 1999, près de 6 femmes sur 10 étaient analphabètes et plus de 34% des filles âgées de 7 à 12 ans en milieu rural étaient non scolarisées (DEPF, 2005)2. A partir de ces constatations, le Maroc a besoin du savoir pour améliorer ses programmes de lutte contre l’analphabétisme, de mobiliser des organismes de qualité (académies, délégations et associations), des ressources humaines efficaces et des ressources financières. Bien que beaucoup de programmes soient déjà en cours, plus de connaissances sont exigées pour accélérer le rythme de réduction de l’analphabétisme surtout qu’une telle accélération est possible.

4) Chômage :

La croissance démographique des dernières années, ajoutée à la baisse de la fécondité, l’amélioration de l’espérance de vie, a conduit le Maroc vers une croissance de l’effectif de la population active surtout en milieu urbain. L’augmentation de la population active (âgée entre 15 et 59 ans) a une grande influence sur le taux de chômage, 18.4% en milieu urbain et 3.2% en milieu rural en 2004 (HCP, 2005). De ce fait, le Maroc a un besoin urgent en opportunités d’emploi pour réduire le taux de chômage et occuper la population active.

Donc, le Maroc a besoin d’une croissance forte, durable et créatrice d’emplois, l’attraction de l’investissement porteur d’actifs positifs, la valorisation des ressources humaines, la réforme du système d’éducation et de la formation, la lutte contre l’analphabétisme, le chômage et la pauvreté.
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HCP (2005). Rapport de synthèse: Etude d’évaluation de l’impact des réalisations du premier programme des priorités sociales (BAJ1). Février 2005
2 DEPF- Direction des Etudes et des Prévisions Financières. Tableau de bord social. Janvier 2005 et Février 2006.



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