Les causes de la crise financière actuelle

financial crisis: “La crise économique mondiale résulte de l’effet conjugué de plusieurs facteurs, certains sont familiers aux crises précédentes, d’autres sont nouveaux. Elle est d’abord une grande crise de la finance américaine. Provoquée par l’excès d’endettement des ménages aux Etats-Unis, la décélération, puis la chute, des prix de l’immobilier. Elle a été accentuée par les prises de risques inconsidérées des intermédiaires financiers américains, recherchant des rendements déraisonnables dans un contexte de déréglementation et d’innovations financières à risque. Cette crise est aussi” […]

LA CRISE FINANCIÈRE INTERNATIONALE: MENACES ET CONTRAINTES
Partie1:les causes de la crise financière
Chapitre 1 : L’apparition de la crise financière actuelle
Section1 : Eclaircissement sur la crise
dans un contexte de déréglementation et d’innovations financières à risque. Cette crise est aussi une crise de la finance globale.
Les années précédant la crise, ont été caractérisées par une forte croissance mondiale et une inflation relativement faible et stable dans la plupart des pays. La croissance a été propulsée par des augmentations significatives de productivité dans de nombreux pays, qui, combinées à l’intégration accrue des pays en voie de développement à l’économie mondiale et à une forte expansion du commerce, a également permis aux prix de rester relativement stables pendant plusieurs années. Les diverses formes de la croissance, de pair avec une réglementation déficiente, ont finalement eu comme résultat des institutions financières, des entreprises et des ménages surendettés, une situation qui s’est avéré insoutenable. Des taux d’intérêt constamment bas ont poussé les investisseurs à essayer d’obtenir des rendements plus élevés des titres, de l’immobilier et des matières premières, ainsi que des instruments financiers de plus en plus risqués. Les prix des actifs ont été poussés à la hausse à travers une large gamme d’économies industrialisées et émergentes, et de nombreux pays en voie de développement ont bénéficié des cours élevés des produits de base.

A. Le “subprime”, de quoi s’agit-il?
Au cours des dernières années, l’abondance de liquidité, l’affaiblissement corrélatif de la sensibilité au risque et les innovations financières ont conduit à une forte augmentation de la distribution de crédit hypothécaire aux Etats-Unis, en particulier dans ses composantes “subprime” et “Alt A”. Ceci a permis une progression sensible de la proportion de ménages propriétaires de leur logement (64% en 1995, 69% l’an dernier). Les crédits “subprime” sont consentis à des emprunteurs pour lesquels le ratio de dette/revenu (D/R) dépasse 55% et/ou le ratio prêt/valeur du bien (P/V) excède 85%. Leur distribution atteignait quelque 150 milliards de dollars l’an au début de la décennie, elle était supérieure à 600 milliards en 2005 et 2006. Ces crédits représentaient 13% de l’encours total de crédit hypothécaire l’année 2006 (10 000 milliards). Les crédits dits “Alt A” sont constitués de prêts pour lesquels les ratios ci-dessus ne sont pas dépassés, mais qui sont consentis à des emprunteurs pour lesquels on ne dispose que de références incomplètes. Les prêts dits “jumbo” sont d’un montant supérieur au plafond (417 000 dollars) prévu pour les prêts éligibles pour les Gouvernement Sponsored Housing Entreprises (GSE), Freddie Mac et Fannie Mae. Ils atteignent près de 15% de l’encours total des prêts hypothécaires. Tous ces prêts sont fréquemment assortis de caractéristiques qui les rendent facilement accessibles (“affordability products”), et ils se sont répandus avec le relâchement des conditions dans un contexte où la hausse des prix rendait l’accession à la propriété plus difficile. Il en va ainsi des prêts à taux ajustables (ARM) constitués pour les deux tiers de “2/28” : ce sont des prêts consentis à taux fixe plus bas que les taux de marché sur les deux premières années (teaser rates) et sont transformés à l’issue de cette période en prêts à taux variables. Cette modification des taux (reset) a naturellement pour conséquence d’alourdir la charge de la dette pour les emprunteurs, d’où un potentiel d’accroissement des taux de défaut (les deux tiers des prêts subprime sont des prêts ARM). Les “interest only loans” comportent un amortissement différé (typiquement de 2 ou 3 an pour les ARM et de 10 ans pour les taux fixes). Les “negative amortization loans” permettent à hauteur d’une certaine proportion du prêt (15 à 25%) de capitaliser les paiements d’intérêts, une fois cette proportion atteinte, le prêt se transforme en prêt normal. Là encore, la charge de la dette s’en trouve alors nettement accrue.

La spéculation a joué, les prêts ont tendu à être plus fréquemment consentis sur la base de l’anticipation de hausse des prix immobiliers plutôt que sur la base de la capacité de servir correctement la dette, dans l’anticipation, en cas de défaillance de l’emprunteur, que la réalisation du bien pourrait couvrir le remboursement du principal, cela ne valant bien sûr que si les prix se maintiennent. La montée des difficultés récentes trouve son origine dans la poussée des défauts. Le taux de défauts sur les prêts ARM (saisies et arriérés plus de 60 jours) est passé de 2,6% sur le segment su prime et 0,5% sur le segment Alt A mi-2005 à respectivement 13% et 2,5% à la fin de l’année 2006. Le phénomène apparaît plus marqué encore pour les générations de prêts les plus récentes, au bout d’un an Octobre 2007 Conjoncture 5 la proportion des délais de paiement de plus de 60 jours atteignait 6% pour les subprime ARM consentis en 2005 mais plus de 10% pour ceux octroyés en 2006.

Graphe 1 Source : Fitch

Compte tenu des caractéristiques de ces prêts, la montée des défauts est appelée à se poursuivre dans les prochains trimestres. De fait, comme le montrent les statistiques d’Inside Mortgage Finance, les ajustements de taux prévus pour les prêts ARM vont monter en puissance fin 2007 et début 2008, avant d’amorcer une décrue sensible à compter du quatrième trimestre de l’an prochain. Ils ont touché un montant d’une soixantaine de milliards au T1 2007 et d’une centaine au T2, mais vont concerner plus de 120 milliards de dollars aux T3 et T4 2007 et au T1 2008 (dont environ les deux tiers pour le subprime). Le pic sera atteint aux T2 et T3 2008 avec des montants de plus de 140 milliards de dollars, ceux-ci retombent aux environs de 70 milliards de dollars les trimestres suivants.

Graphe 2 Source : Fitch

B. Le phénomène de « titrisation »
La titrisation est une technique qui consiste à loger dans une société ad hoc toute une série de crédits consentis à des ménages par exemple, puis à vendre les titres de cette société à des investisseurs pour qui cela constitue un placement. Ils ont en quelque sorte acheté à la banque ses créances. Ces produits élaborés par les banques d’investissement ont été placés, hors de leurs bilans, comme si les banques n’avaient été que des intermédiaires. Celles-ci revendaient les produits de la titrisation à des investisseurs, pouvant se trouver aussi bien à Wall Street, que Tokyo ou Paris. Ces établissements financiers se disaient : j’achète un millier de prêts et, pour réduire le risque, je mélange avec des crédits émis dans des régions très différentes : Floride, Californie, Texas… le problème, c’est que ni les banques ni les agences de notation n’avaient envisagé une chute de l’immobilier sur tout le territoire. Les banques ont saisi les biens des ménages insolvables et se sont efforcées de les revendre. Le gonflement des pertes a provoqué la défiance des investisseurs. Plus personne ne savait quelle était la valeur des titres. Et les transactions ont été gelées.

Plus précis La titrisation est une opération qui se passe en deux étapes.
1) Dans une première étape, une banque revend des créances correspondant à des crédits immobiliers (ou des crédits à la consommation, comme à l’achat d’automobile) à un organisme qui va les transformer en des titres financiers. Deux organismes semi-publics peuvent racheter les créances des banques américaines” : les gouvernements sponsored entités Fannie Mae et Freddie Mac.
2) Ces dernières revendent à leur tour à des investisseurs (banques, hedge funds , mutua funds,etc.) ces créances transformées en mortgage-backed securities, c’està- dire littéralement en titres adossés à des prêts hypothécaires. Ces mortgagebacked- securities agrègent un grand nombre de ces prêts hypothécaires. Cette titrisation est à l’origine du marché secondaire de la dette immobilière, qui est maintenant en volume plus important que le marché des treasuries (bons du Trésor) américains !

Les invest isseurs à qui sont revendus les mortgage-backed-securities touchent les flux de mensualités versées par les emprunteurs des prêts ainsi agrégés et supportent en échange le risque de non-remboursement des crédits à hauteur de leur investissement. La titrisation permet ainsi de diluer les risques liés au crédit.
Mais Les établissements de crédit ont abusé du système. Ils ont sans vergogne vendu des prêts à des taux usuraires à des ménages peu solvables sachant que le risque pourrait, de toute façon, être aisément transféré vers le marché.
Schématiquement :


Schémas proposés par M. LEULLIER, M. GOLIAS et Mlle. VIET TRIEM TONG – professeurs stagiaires PLC2 SES.

C. De la crise immobilière à la crise financière mondiale.
Personne n’a anticipé cette crise, pourtant, elle couvait depuis plusieurs années. Le marché immobilier américain a connu une hausse continue, et le prix des biens immobiliers n’a cessé d’augmenter. Pour pallier au manque de logement et devant la promesse d’importants bénéfices liés à la hausse des prix, les promoteurs immobiliers ont multiplié les chantiers de construction. Le nombre de logement a considérablement augmenté. Selon quelques statistiques ; 4 millions de logements ont été construit ces dernières années aux Etats-Unis, alors que le besoin n’était que de 2 millions. De ce fait, il existe environ 2 millions de logements vides aux Etats-Unis. Et puisque l’offre est plus importante que la demande, les prix ont donc baissé. Ceux qui se trouvaient dans l’incapacité de garantir leur prêt. Les établissements bancaires ont donc augmenté les taux d’intérêt mais les emprunteurs, qui ont des revenus modestes voire nuls, ont été incapable d’honorer leur dette. Conséquences directe : fin juillet 2007, des établissements de crédit ont fait faillite.

o Liens entre la crise immobilière et la baisse des valeurs boursières.
Les faillites de certains établissements de crédit ne peuvent expliquer la chute de la bourse. En réalité, pour tenter de limiter les risques, la plupart des établissements de crédit avaient transformé ces emprunts en titres sur le marché de la bourse (titrisation : une technique financière sophistiquée, qui consiste à transférer des actifs ou crédits y afférents sous une forme structure à des investisseurs tiers. Elle donne lieu à une émission de titres sur les marchés de capitaux, adossés actifs sous-jacents et regrouper par tranche).
Ces titres adossés se sont trouvés sur les marchés sans que personne ne sache vraiment s’il en possédait. Les financiers avaient mêlé ces titres à divers fonds si bien que l’origine des titres devenait floue. A force de vendre et de revendre et d’émettre des titres de dette sur d’autres titres de dettes, tout est devenu opaque. Les agences de notation elles-mêmes avaient dit que ces placements n’étaient pas risqués. Elles s’étaient trompées.

Certains établissements, afin de pallier leur manque de liquidité, n’avaient qu’une seule solution: vendre leurs actions et obligations. Réagissant en nombre et sur un court laps de temps, ces banques provoquent donc une chute brutale des valeurs boursières: le CAC 40 (Cotation Assistée en Continu) est touché, l’ensemble des places boursières européennes dévissent, suivies de près par les bourses asiatiques.
En une semaine, les principaux indices boursiers connaissent une correction à la baisse brutale :
• DAX (Allemagne) : -4,42%
• DOW Jones (Etats-Unis) : -5,95%
• Nasdaq (Etats-Unis) : -6,16%
• FTSE 100 (Royaume-Unis) : -8,37%
• CAC 40 : -8,42%
• Nikkei (Japon) : -10,3%.
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– D’Arvisenet Philippe ; Du subprime à l’économie réelle ; Conjoncture ; October 2007 p.5 economic-research.bnpparibas.com
– D’Arvisenet Philippe ; Du subprime à l’économie réelle ; Conjoncture ; October 2007 p.5-6 economic-research.bnpparibas.com
– D’Arvisenet Philippe ; Du subprime à l’économie réelle ; Conjoncture ; October 2007 p.5-6 economic-research.bnpparibas.com
– D’Arvisenet Philippe ; Du subprime à l’économie réelle ; Conjoncture ; October 2007 p.10 economic-research.bnpparibas.com
– D’Arvisenet Philippe ; Du subprime à l’économie réelle ; Conjoncture ; October 2007 p.10 economic-research.bnpparibas.com
– ELBADAOUI MOUSAPHA et ABDELHAK ELMIKLINI. L’impact de la crise financière actuelle sur la Maroc, P31-32/2008-2009 Université My Ismaïl
– Montialoux Claire et Zucman Gabriel, comprendre la crise des subprime ; page 14 www.rce-revue.com/files/Subprime3.pdf
– hedge funds : fonds spéculatifs qui prennent des paris sur l’avenir à l’inverse des tendances dominantes du marché
– Montialoux Claire et Zucman Gabriel, comprendre la crise des subprime ; page 14 www.rce revue.com/files/Subprime3.pdf
– Mémoire publier par lycée Charle Gide ; la crise financière ; édition janvier 2009.p : 7 http://www.lyc-gide-uzes.ac-montpellier.fr/Pedagogie/Ses/subprimes3.pdf
– Mémoire publier par lycée Charle Gide ; la crise financière ; édition janvier 2009.p : 8 http://www.lyc-gide-uzes.ac-montpellier.fr/Pedagogie/Ses/subprimes3.pdf
– ELBADAOUI MOUSAPHA et ABDELHAK ELMIKLINI. L’impact de la crise financière actuelle sur la Maroc, P 31-32 ; 2008-2009 Université My Ismaïl
ELBADAOUI MOUSAPHA et ABDELHAK ELMIKLINI. L’impact de la crise financière actuelle sur la Maroc, P 31-32 ; 2008-2009 Université My Ismaïl
ELBADAOUI MOUSAPHA et ABDELHAK ELMIKLINI. L’impact de la crise financière actuelle sur la Maroc, P 31-32 ; 2008-2009 Université My Ismaïl



   2 Comments


  1. farida
      5 May, 2011

    merci

  2. farida
      5 May, 2011

    merci pour votre liste de memoire

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