Production et diffusion des innovations technologiques d’une économie du savoir

Innovation d’une économie du savoir: George JAVEL dégage trois approches complémentaires pour caractériser l’économie du savoir :
Une première met l’accent sur l’innovation, l’accélération du rythme des innovations. Supposant réactivité et qualité, la capacité à innover est un critère déterminant.
Les TIC favorisent l’accélération de l’innovation, des procédés et des produits, car elles sont des technologies génériques : outils de simulation, de visualisation, de conception, de modélisation , de traitement de l’image, de calcul ; langages, algorithmes…[…]
Économie du savoir
Deuxième partie: La notion du savoir
Chapitre II: Les propiétés de l’économie du savoir

Section 1 : Les approches caractéristiques de l’économie du savoir
[…] , de traitement de l’image, de calcul ; langages, algorithmes… des technologies devenues incontournables et massivement utilisées.
Une deuxième approche souligne le caractère collectivement distribué du mode de production de la connaissance, dont le rôle accroit sans cesse. Les entreprises se doivent être apprenante, dans un décloisonnement recherche-production, et une mise en relation avec les partenaires extérieurs, une mise en réseau d’une entreprise qui devient entreprise étendue. La capacité des  individus et des organisations à mobiliser effectivement leurs savoirs qui se reflètent dans des   compétences opérationnelles  déterminantes.

Les TIC sont ici le support  a une production plus collective et plus interactive des savoirs et les compétences, longs â acquérir et difficile a transformer. Ils permettent  des pratiques innovantes en réseaux, dans les intranets et (le grand internet). Y contribuent les utiles de communication de groupewar et d’apprentissage collectif. On peut distinguer quatre grandes catégories d’outils. Les outils de coopération de base, pour communiquer et faire circuler de l’information (mél, visio-conférence …). Les outils de travail partagé  (partage d’applications, forum, édition partagée…) Les outils d’accès au savoir (portails, listes de diffusion, FAQ, moteurs de recherche…) en fin les outils de  workflow, qui permettent les suivis des projets (gestion des tâches, agendas …).

Pour une troisième approche, les externalités de connaissance jouent  un rôle central, par leur croissance massive, avec le caractère difficilement contrôlable des connaissances  codifiées, manipulables comme de l’information. Le succès ne dépend pas principalement des performances d’acteurs isolés mais de performance du collectif. Les TIC systématisent l’accumulation du savoir dans des BDD, l’intégration des connaissances et leur mobilisation. Elles entrainent une baisse des couts de transmission et de reproduction, de stockage et de codification des savoirs tacites. La tache est difficile. Pour une large part, le savoir tacite est local, difficile à expliciter et à codifier, spécifique, difficile à reproduire pour obtenir un avantage compétitif. L’intelligence artificielle est un outil puissant de codification, étendant cette opération à des savoirs tacites de plus en plus complexes .

Section 2 : typologie de savoir
Le savoir n’est autre chose qu’un simple stock d’information. Il se compose certes d’informations, mais triées, mises en forme, interprétés de façon à en obtenir une représentation. Le savoir se compose d’idées, de concepts, d’images plus au moins systématisées. Un diplôme est, à cet égard, la reconnaissance institutionnelle d’un savoir acquis dans une école.

Le savoir est un processus, il évolue constamment dans le temps. Le savoir d’un individu, par exemple, s’enrichit en fonction des informations qu’il reçoit et qu’il intègre, ainsi l’expérience acquise.

1) Formes du savoir :

Le savoir est un processus de stockage des informations de manière plus ou moins définitive et structurée.Il  comprend trois composantes :

  1. Le savoir théorique .
  2. Le savoir-faire .
  3. Le savoir-être.

Les différentes catégories de savoir peuvent donc  être vues comme des couches complémentaires de savoir ; chacune des couches sera tributaire de la couche inférieure.

  1. Le savoir théorique est un ensemble d’informations générales pas forcément opérationnelles : le droit commercial est un savoir théorique.
  2. Le savoir-faire rassemble deux notions essentielles : le « savoir » qui est représenté par l’acquisition d’une forme de connaissances et le faire « faire » qui est l’art de mettre en action cette connaissance au service d’un objectif déterminé.
  3. Le savoir-être est un ensemble d’informations comportementales, c’est une faculté à se comporter qui permet de mettre en œuvre le savoir-faire et le savoir-théorique.

Il se traduit dans les relations interpersonnelles, hiérarchiques et dans la réalisation des diverses taches à accomplir. Un employé  de banque au guichet devra par exemple posséder une capacité de maitrise de ses comportements face aux réclamations des clients.

2) L’apprentissage du savoir :

Le savoir théorique s’acquiert par l’instruction.

Le savoir-faire s’acquiert : d’un coté par l’action, c’est d’ailleurs à cette principale difficulté que se heurtent la totalité des formations. Les limites de la formation classique tiennent au fait que l’exposé des connaissances fait par les enseignants est complété par des exercices « théoriques ». C’est pourquoi, rien ne pouvant remplacer la mise en situation réelle pour l’acquisition du savoir-faire certaines formations tentent de combler cette lacune :

En développant les stages en entreprise ;
En adoptant la méthode des cas, visant à mettre l’étudiant en situation réelle.

D’un autre coté l’intuition qui est une synthèse du savoir acquis qui se déclenche inconsciemment  quand un problème se pose, c’est une action réflexe face à un événement.

Ainsi le manuel des procédures : le manuel des procédures est un document synthétisant par la description d’opérations simples, l’action à mener et les moyens d’atteindre une performance quasi-parfaite.

Se doter d’un manuel de procédures présente un avantage évident pour les entreprises, il leur permet d’optimiser leur structure et rationnaliser leur gestion. Il leur impose d’établir le bilan de leur activité actuelle et prévisionnelle, de réfléchir sur  le moyen d’éviter les blocages de toute sorte et en fin d’améliorer la production d’une manière continue.

3) Typologie et interrelation :
a- Types du savoir-faire :

Le savoir-faire opérationnel banalisé : c’est la connaissance acquise par l’expérience. Dans ce sens, dans une industrie quelconque, ce type de savoir-faire peut être identifié par l’ensemble des entreprises du secteur.

  • Le savoir-faire opérationnel stabilisé : connaissances liées aux activités administratives : secrétariat, comptabilité, gestion de paie… activités externalisables.
  • Le savoir-faire opérationnel proactif : est le savoir-faire que l’entreprise exploitera dans l’avenir. Il doit être considéré comme un facteur clé de succès. Il est stratégique car il est basé sur une anticipation de l’avenir.
  • Le savoir-faire opérationnel unique : le savoir-faire rare et stratégique, les compétences-clé de l’entreprise. Cette notion de savoir-faire unique s’applique à tous les niveaux hiérarchiques.

b- Les interrelations :

Les interrelations entre le savoir théorique, le savoir-faire et le savoir-être :

Nous avons jusqu’à maintenant considéré le savoir théorique, le savoir-faire et le savoir-être comme des éléments indépendants. La réalité est beaucoup plus complexe.

→Prenons l’exemple d’un mécanicien dont la fonction consiste à réparer des machines-outils. Même avec une expérience conséquente  des réparations sur ce type de machines, ce mécanicien doit connaitre un minimum de principes de mécanique pour effectuer son travail, sachant qu’une réparation n’est jamais identique à la précédente.

Le savoir théorique semble donc être un pré requis au savoir-faire. De même, le savoir théorique et le savoir-faire deviennent inutiles sans une réelle motivation.

Nous pouvons donc affirmer que :
le savoir-faire met on œuvre un savoir théorique ;
le savoir-être met en œuvre un savoir-faire avec le comportement adéquat.

Enfin, il est important de souligner que la distinction entre « le savoir » et la « connaissance » est délicate. Dans la vie courante, le terme de savoir désigne plutôt des informations enregistrées de manière plus ou moins définitive et structurée (culture générale). Le terme de connaissance désignerait l’intervention d’un processus de distinction.

Section 3 : Innovation et développement d’une économie du savoir : entre production et diffusion des innovations technologiques
La croissance dans une économie fondée sur le savoir procède d’un processus d’innovation (de produit ou de procédé) intensif en savoir et conduit, pour plusieurs raisons, à intégrer les apports des réflexions fondatrices des théories de la croissance endogène. Si dans le modèle de Solow le progrès technique est exogène, indépendant des mécanismes et des variables économiques, le processus d’innovation, dans ce nouveau paradigme, est endogène. Par ailleurs, la présence d’externalités de production positives explique celle de rendements constants voire croissant et, par conséquent, la possibilité d’élever durablement le niveau du taux de croissance.

Le résidu de Solow, identifié comme la croissance de la productivité totale des facteurs (PTF), représente entre 50 et 75% de la croissance économique sur la longue période et peut s’expliquer par : l’investissement en capital humain, la présence d’infrastructures (publiques et /ou privées) performantes ou le progrès technique, autrement dit l’innovation.
Ce dernier facteur de production résulte, pour sa partie identifiée, d’un effort continu et soutenu de R §D qui, en raison d’externalités positives, présente un taux de rendement social supérieur à son taux de rendement privé, ainsi que l’ont démontré nombre d’études économétriques.

Ces externalités positives, dites de connaissances, que présentent les innovations élaborées par certaines entreprises, résultent de la prédominance de connaissances codifiées ou codifiables (information dont l’acquisition est aisée ou présente un cout pratiquement nul) utilisables par d’autres entreprises, concurrente ou non, ainsi que de la mobilité du capital humain. Elles entrainent un risque de sous-investissement  privé dans ce domaine. En effet, étant complémentaires à d’autres technologies, elles génèrent des effets collectifs bénéfiques non appropriables à l’origine d’un taux de rendement privé inférieur à leur taux rendement social. Ces externalités positives dominent généralement les externalités négatives, dites stratégiques, conduisant à un risque de duplication de dépenses de R §D substituables (surinvestissement)

1) Généralités sur l’innovation :
Économie caractérisée par une accélération du rythme de l’innovation, par une utilisation sans cesse accrue de connaissances et compétences et par une croissance massive de leur diffusion grâce aux TIC.
L’innovation  est l’un des principaux moyens pour acquérir un avantage compétitif en répondant aux besoins du marché.
Innover c’est créer de nouveaux produits, développer des produits existants mais aussi optimiser son système de production, adopter les dernières technologies issues de la recherche fondamentale comme de son département de recherche et développement.

Le lancement d’une innovation se décompose en trois étapes :

  • l’invention : la base de l’innovation est une invention, c’est le cœur de l’offre. La mise au point de l’invention ne prend pas plus de 30% du temps total pour le lancement d’une innovation.
  • le model d’entreprise : sur la base de l’invention, l’entrepreneur va construire un modèle d’entreprise qui identifiera à la fois le marché cible, les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces clients, les partenaires pour l’adaptation et le lancement.
  • Le lancement : la dernière phase correspond à la mise en œuvre matérielle du modèle d’entreprise (production, achat et vente). Cette phase est délicate et couteuse. Nous pouvons parler d’innovation si le succès est au rendez-vous. Si non c’est un retour à la case invention.

L’innovation est l’introduction d’une nouveauté commercialisable sur  un marché. Par extension, elle désigne le résultat de cette action. Les spécialistes de l’innovation distinguent souvent quatre types d’innovation :

  1. L’innovation du produit ;
  2. L’innovation de production ;
  3. L’innovation organisationnelle ;
  4. L’innovation marketing.

L’innovation se distingue de l’invention ou de la découverte en ce sens qu’elle suppose un processus de mise en pratique aboutissant à une utilisation effective.

2) Niveaux d’application :
Il existe principalement deux niveaux d’application dans l’entreprise.
On peut innover ponctuellement, on parle alors de projet d’innovation ou d’innovation produit. Il s’agit essentiellement de projet d’amélioration des produits existants de création ou d’adoption d’une nouvelle technologie à un produit.
On peut aussi innover de manière permanente, sur le long terme on parle dans ce cas d’innovation permanente, totale ou de management de l’innovation. Cela ne consiste plus à acquérir un avantage compétitif mais à pérenniser cet avantage. A ce niveau l’innovation doit devenir un pilier de la stratégie de l’entreprise.

3) Catégories de l’innovation :
On peut classer l’innovation en trois grandes catégories  :

  • L’innovation cumulative : elle suppose l’introduction d’un produit qui se caractérise par un certain degré de nouveauté et une certaine création de valeur. Un exemple serait un type de détergent à lessive nouveau et amélioré.
  • L’innovation importante : celle-ci suppose un degré considérable de nouveauté du produit et une création de valeur substantielle pour le client.
  • L’innovation transformative : elle est la moins courante et suppose des produits entièrement nouveaux qui engendrent une valeur pour le consommateur. On peut considérer que l’automobile a été une innovation transformatrice puisqu’elle a complètement révolutionnée la manière dont les gens se déplacent.

4) Innovation comme système de valeur :
Michael Porter professeur à Harvard a contribué de façon significative au domaine de l’innovation en identifiant les concepts managériaux inhérents à la chaine de valeur (interdépendance des activités de conception, de production, de commercialisation, de distribution et de soutien d’un produit). Bien qu’il définisse l’innovation en termes de changement technologique, le concept de chaine de valeur qu’il a développé est toujours utilisé par les dirigeants qui tentent de diviser systématiquement l’entreprise en activités  dstinctes. La chaine de valeur constitue un outil de base pour déterminer les avantages compétitifs, découvrir les moyens de les créer et de les maintenir. Porter a cité le besoin de créer et gérer les relations entre les unités organisationnelles  comme étant un point important dans la mise en œuvre de la stratégie.

L’innovation est censée jouer un rôle moteur dans l’économie. De ce fait les facteurs qui favorisent l’innovation et sa diffusion doivent être considérés comme des déterminants d’une compétitivité.

«  Parler de l’économie du savoir sans innover est aussi vide sens que parler de l’hiver sans froids »  déclare Georges JAVEL. En effet selon JAVEL l’innovation joue un rôle  prépondérant dans le développement de l’économie du savoir et ce parce que ces deux concept sont liés à une caractéristique intrinsèque : le savoir. Développer l’innovation c’est assoir au sein de l’unité en question un climat favorable à un épanouissement entièrement dévoué au savoir.
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– Michèle Drecher, Quel changements induits par les TIC pour la formation professionnelle des enseignants face au paradigme du KM et des communautés de pratiques ?, Mémoire de DEA, Université de Paris, 2003.
– Les meilleurs articles de la Harvard Busines Review sur l’innovation, Préfacé par A.DUTHEIL, Edition d’organisation, 2003.
– Source : Définitions Canadiennes /Québécoises.



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