Le développement de l'économie du savoir et de connaissance

La notion du savoir – Deuxième partie:

INTRODUCTION :
Après avoir assisté, dans la partie précédente, au traitement des différents aspects de la nouvelle économie, qu’on peut la considérer comme un contexte, où les entreprises du savoir émergent, nous allons, dans cette partie, essayer de traiter la notion du savoir à travers 4 chapitres.

Dans un premier chapitre, on va survoler l’histoire du savoir et de la connaissance.  Ainsi nous allons aborder les différents facteurs qui ont été à l’origine du passage à l’économie du savoir.

Dans le douxième chapitre, on va voire les diverses propriétés du savoir, en mettant l’accent sur l’innovation qui peut être califiée comme étant un critère déterminant dans la création du savoir.
Le troisième chapitre va nous ramener à voir les différentes actions qu’on peut mener sur le savoir.
En dérnier lieu, un quatrième chapitre qui portera sur la relation entre l’intelligence économique et la gestion des connaissances, avec toutefois un arrêt sur la notion de l’entreprise apprenante.

Chapitre I: Le développement de léconomie du savoir et de connaissance
Section 1 : Aperçu historique
Les expressions économiques du savoir, capitalisme cognitif, économie de la connaissance ou encore économie de l’immatériel, en débordant l’aspect économique société de la connaissance, désignent ce qui serait une nouvelle phase de l’histoire économique dans laquelle, selon certains économistes, nous sommes entrés depuis la fin du siècle dernier (années 1990).
Cette mutation de l’économie serait aussi celle d’un nouveau mode de régulation du capitalisme. Des mutations du même type ont déjà eu lieu à différentes périodes de l’Histoire : à la Renaissance (républiques italiennes et école de Salamanque), au XVIIe siècle (mercantilisme) et au XIXe siècle (Révolution industriel et capitalisme industriel).
Par économie du savoir, de la connaissance, on ne désigne pas ici l’économie spécifique du bien économique particulier qu’est la connaissance mais l’économie en général telle qu’elle devient quand la connaissance est sa composante décisive.

La production de biens matériels est loin d’être devenue anecdotique, y compris dans les sociétés développées, contrairement à ce que certains discours pourraient laisser croire. Mais la part de l’immatériel, de l’informationnel, du travail intellectuel et de la recherche et développement dans les processus de création de l’ensemble des richesses créées et dans les richesses créées ne cesse de croitre. Corrélativement, le temps nécessaire à la reproduction-fabrication ne cesse, lui, de diminuer. Le consensus se fait pour dire que nous sommes entrés dans l’économie de la connaissance. Cela vaut pour tous les secteurs économiques, qu’ils produisent des biens industriels classiques, des services, ou de la connaissance. Certes, les savoirs ont toujours joués un rôle dans la production. Ainsi les sciences. Mais leur impact était limité au XIXe siècle. Après il y avait l’entrée dans l’économie du savoir.


Section 2 : l’entrée dans l’économie du savoir

1) Les grandes evolutions:
a- Une accélération prodigieuse de la production des savoirs :
Cette accélération prodigieuse de la production du savoir est incontestablement un phénomène nouveau et visible. En trois siècles le savoir a doublé et l’on considère il y a six ans qu’il doublait tous les trois ou quatre ans. Descartes, rappelle-t-il, estimait posséder toutes les connaissances existantes à son époque ce ne serait plus possible aujourd’hui. Autre savants ont estimé que jusqu’au 18ème siècle, le stock des connaissances était limité, même si les sciences avaient déjà commencé à se développer depuis le début de 17ème. Autres auteurs ont pu constater, il y a quelques années, que toutes les informations historiques existantes dans les livres publiés et les fichiers électroniques doublaient tous les 30 ans, et actuellement elles sont estimées  doubler toutes les 11 heures.

b- Une approche combinée :
L’économie fondée sur la connaissance résulte, selon Dominique Foray  qui est l’un des meilleurs spécialistes français en ce domaine, d’un choc d’une part, entre une tendance séculaire à l’accroissement du capital dit intangible (éducation, formation, R§D…), au point qu’il devienne aujourd’hui dominat, et, d’autre part, l’irruption et la diffusion des NTIC. C’est donc, poursuit-il, la rencontre entre une tendance longue, qui se traduit par l’expansion des investissements et des activités de « connaissances », et une révolution technologique unique qui change radicalement les conditions de reproduction et de transmission su savoir et de l’information.

c- Lces trois tendances majeures de l’économie de la connaissance :
la première se traduit par l’augmentation de la part du capital tangible ou intellectuel (éducation, formation, santé, R§D…). Ainsi, selon les estimations d’un chercheur , le stock de capital tangible aux alentours de 1973 ; il serait donc aujourd’hui largement dominant. C’est d’ailleurs à partir des années vingt que le progrès technique tend à accroitre la part du capital intangible parmi les facteurs de production .

La seconde tendance concerne l’expansion des industries de l’information, et surtout de la connaissance. La contribution de ces industries au PNB franchit la barre des 50% dans l’ensemble des pays de l’OCDE  aux alentours des années 1985. À cette occasion et dans cette perspective, rappelle le chercheur, l’OCDE propose une «  agrégation de secteurs fondés sur le savoir » très large, qui regroupe les secteurs de haute technologie, comme l’informatique et le spatial, le secteur des TIC et les services qui s’y rattachent, les services financiers et d’assurance et les services aux entreprises.

Outre un déplacement industriel du secteur des biens vers le secteur des services, l’avènement d’une économie fondée sur le savoir se traduit par un accroissement plus rapide du nombre d’emplois très qualifiés que celui des emplois peu qualifiés. En fait, on s’accorde pour dire que globalement « la situation des travailleurs non qualifiés s’est détériorée, en termes absolus, dans la plupart des pays de l’OCDE  tout au long des années 1980 et 1990.

Enfin, dans le cadre d’un sujet qui décidément ne s’épuise pas, on notera, comme le précise Jean-Louis Levet , qu’il existe un lien entre l’économie de la connaissance et le processus de la mondialisation, sur la base d’une double interaction :
Le processus de mondialisation stimule le développement des économies fondées sur le savoir en accélérant la diffusion des connaissances technologiques et ,on outre, par le renforcement de la concurrence, il favorise les entreprises qui privilégient des stratégies d’innovation, en particulier fondées sur le renouvellement de leur produit.
Par ailleurs, et cela constitue la seconde interaction : L’économie de la connaissance influe sur la mondialisation de plusieurs manières : les activités à fort contenu de connaissance ont tendance à se concentrer dans certaines régions de l’économie mondiale.

2) Des propriétés économiques spécifiques:
Toutefois, ce bien, comporte des caractéristiques très spécifiques, qu’il importe de souligner. À la suite de différents travaux, notamment ceux de Keneth Arrow , l’on reconnaît un certain nombre de caractéristiques qui distinguent la connaissance des biens tangibles.
La connaissance à la différence des machines par exemple, est un bien dont il est difficile, pour les entreprises et les organisations, de conserver l’exclusivité et d’exercer un control. Ce bien a une propension à s’échapper, à se diffuser et à bénéficier gratuitement à d’autres agents économiques.

Par ailleurs, la connaissance est un bien cumulatif. Cela signifie qu’une connaissance est susceptible de générer et d’engendrer la production de nouvelles connaissances et de novelles idées. Cette caractéristique nous aidera à mieux saisir la typologie des travailleurs du savoir.
Nous terminerons sur ces caractéristiques en précisant que les connaissances peuvent être incorporées aussi bien dans des individus (notion de capital humain), des collectivités (notion de capital organisationnel et social), des équipements matériels (on parle de techniques incorporées). Elles peuvent aussi être « non incorporées », c’est-à-dire séparées de leurs vecteur physique, sans que leurs qualités soient perdues: sous forme écrite (articles et livres, projets, brevets) ou encore, plus récemment, sous forme de logiciels et de bases de données.
Économie du savoir
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Foray D., L’économie de la connaissance, la Découverte, 2000.
Kendrick J.W., « Total Capital and Economic Growth », Atlantic Economic Journal, vol. 22, n 1? MARS 1994? cité par  Foray
Levet J.-L., L’intelligence économique, Economica, 2001.
OCDE, Perspectives de la science, de la technologieet de l’industrialisation, 1998.
OCDE, Technology, Productivity and Job Creation, 1996.
Levet J,-L., op. cit.
Arrow K., « Economics Welfare and the Allocation of Resources for Invention” 1962



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