Nouvelle économie (l’immatériel et services): Contexte et définition

New economy
Économie du savoir
Première partie: La nouvelle économie

INTRODUCTION :
L’explosion des nouvelles entreprises (start-up), le développement des technologies de l’information et de la communication, un système fondé sur l’exploitation d’un réseau, des changements organisationnels profonds, sont autant de modifications qui marquent cette nouvelle économie, une économie nouvelle par ses idées, ces méthodes et sa clientèle.

Il est donc essentiel de ne pas sous-estimer l’ampleur de ces changements, car il y’a bien émergence d’une nouvelle économie, et même, une nouvelle société ; l’objet de cette partie est de les décrire.

Dans le premier chapitre on va essayer de définir cette dite novelle économie, et son impact sur la société, a travers les changements qui apporte sur nos habitudes, et notre manière de vivre.
Le deuxième chapitre est consacré à la présentation des grands moteurs de cette grande transformation.
Le troisième chapitre, quant à lui, cite les principales caractéristiques de cette novelle économie, l’internet, et le commerce électronique.
Finalement, le dernier chapitre, abordera le sujet de la montée des start-up, les essayes d’adaptation de la part des firmes de l’ancienne économie, et les points de correspondances entre ces deux types d’organisations.

Chapitre I: Identification de la nouvelle économie
Section 1 : Nouvelle économie : Contexte et définition

1) Contexte :
L’histoire de la pensée économique ainsi que l’anthropologie économique nous apprennent que chaque période dans l’évolution des sociétés à ses propres rapports avec l’économie. Chaque période accorde également une place particulière à cette dernière.

Nous pouvons constater trois périodes majeures relativement à l’évolution économique des sociétés industrielles depuis le milieu du 19e siècle1. Il faut souligner que chaque période connaît ses propres puissances économiques et ses propres méthodes de gestion, directement ou indirectement, induites par le cadre de conception et d’action qu’imposent ces mêmes puissances économiques. Outre les changements quant à l’aménagement du travail, on constate la montée en puissance des emplois et des expertises qui correspondent davantage à la nature de l’activité économique dominante. Une fois le changement installé, on remarque une modification de la structure sociale autour de la nouvelle réalité économique.

La première période, se situe entre 1870 et 1890, consiste à l’exploitation de connaissances nouvelles dans le but de produire des biens et services dont le niveau de performance sera nettement supérieur aux offres précédentes. Entre 1880 et 1890, On assiste à la naissance de l’électricité, la turbine à vapeur, le moteur à explosion, ou encore le développement de la chimie organique. Ces technologies sont souvent très proches des connaissances scientifiques fondamentales, elles peuvent être qualifiées de « génériques ». Par combinaison avec des technologies existantes ou d’autres technologies nouvelles, elles sont susceptibles de donner naissance à des applications multiples dans des domaines d’activité eux-mêmes très variés.

Ainsi cette « fertilisation croisée » entre des technologies nouvelles et d’autre déjà bien maîtrisées, va se produire un phénomène d’apparition en grappe d’innovations technologiques. En un temps record, de multiples secteurs d’activités vont connaître un renouvellement profond des manières de concevoir, de produire et de commercialiser les produits. Après une période de dépréciation, on assiste finalement à une entière recomposition des secteurs d’activité.

Pour la deuxième période qui se situe entre 1890 et 1914, de nombreux produits et services font leurs apparitions, nécessitant de nouveaux métiers. L’électricité a demandé la formation des spécialistes dans la création et la maintenance des centrales et des réseaux éclectiques. Elle a également permis la fabrication de moteurs de petite taille dont une application majeure sera la mécanisation des tâches ménagères : moulin à café, fer à repasser……. Mais des technologies déjà exploitées peuvent bénéficier de ces progrès. L’électricité a entraîné une amélioration considérable des procédés de production de masse tant au niveau des coûts que de qualité et a permis à des technologies installées de progresser. Les turbines déjà utilisées avec la vapeur, ont ainsi pu être considérablement améliorées avec l’apparition des centrales hydroélectriques.

Cet ensemble de technologies génériques et d’application, de produits, de procédés et de services nouveaux va contribuer à l’émergence d’un nouveau « système technique » .

Proposée par François Caron, cette notion met l’accent sur l’interdépendance entre les différentes technologies à un moment particulier de l’histoire. Au cour de l’histoire, différents systèmes techniques se sont donc succédé au fur et à mesure que des progrès ont permis le développement de technologies génériques nouvelles qui ont privé les savoir-faire dominants pour en faire naître de nouveaux. Le passage d’un système technique à un autre se fait en trois temps. Tout d’abord, le blocage du système technique conduit à une période de crise, à cause des limites des technologies qu’il utilise.

Ensuite, on assiste à l’émergence d’un ensemble de technologies nouvelles susceptibles d’avoir un impact sur de nombreux secteurs d’activité. Le nouveau système technique est en train de naître, il est ressenti par l’ensemble des agents économiques comme une véritable rupture. Enfin, au fur et à mesure que les différentes filières sont mises en cohérence, le système technique se stabilise jusqu’au jour où de nouveaux points de blocage apparaîtront.

Le système technique du XXe siècle, celui de l’électricité mais aussi du moteur à explosion, de l’automobile, de la chimie et des matériaux plastiques, prend son essor à partir de 1914, est complètement cohérent dans les années 1950-1960 et commence à se bloquer à partir des années 1970.

De 1973, date du premier choc pétrolier aux années 1990, l’économie mondiale va connaître un ralentissement important de la croissance. Ce ralentissement va surtout toucher l’Europe occidentale et les Etats-Unis tandis que des pays asiatiques, notamment le Japon, vont connaître un sort bien meilleur. Un des effets les plus marquants de cette période de crise est la hausse du chômage dans les pays occidentaux qui va atteindre des taux sans équivalents dans l’histoire.

Mais, conformément à ce que l’on a pu observer dans l’apparition des systèmes techniques précédents, la période 1970-1990 correspond également à une période de complète recomposition. Celle-ci se fait principalement autour de trois axes complémentaires ; l’électronique, les nouveaux matériaux et les biotechnologies.

2) Définition :

A la fin des années 1990, l’expression « nouvelle économie », devenue très à la mode, est employée pour désigner les mutations économiques récentes, que celles-ci relèvent des nouvelles technologies ou des formes de la finance. Comme toute formule un peu galvaudée, elle recouvre diverses acceptations. Dans certains cas, on l’emploie pour caractériser la montée des activités de services faisant appel aux TIC, dont la part augmente progressivement aux dépends de la production de biens matériels. En ce sens, l’existence de la « nouvelle économie » ne fait aucun doute, même s’il est difficile d’en prendre la mesure exacte tant elle se diffuse progressivement dans tous les secteurs et sous des formes parfois originales.

Mais le terme de « nouvelle économie » a également été utilisé dans un deuxième sens, pour décrire la situation économique des pays industrialisés dans les années 1990, l’hypothèse étant que l’on serait désormais en présence d’un nouveau paradigme économique. C’est autour de cette seconde interprétation de l’expression « nouvelle économie » qu’il y a eu débat. Certains considèrent que les Etats-Unis, en avance sur le reste du monde, seraient déjà entrés dans cette nouvelle économie. La preuve en serait la performance exceptionnelle de l’économie américaine au cours des années 1990.

En effet, cette période c’est caractériser tout d’abord par le maintien d’un cycle long d’expansion, sans inflation, avec une croissance supérieur à la normale (4% en moyenne pendant 9 ans, de 1992 à 2000). Les précédentes phases d’expansion durable, de 1960 à 1968, puis de 1983 à 1989, s’étaient achevées par des pics d’inflation. Cette accélération des prix avait conduit à un durcissement des politiques monétaires qui avait cassé la croissance. Rien de tel dans ce nouveau cycle d’expansion, puisque les hausses des prix des biens et services demeurent faibles au début des années 2000.

Une deuxième particularité de la période récente concerne l’accélération des gains de productivité du travail aux Etats-Unis. Cette évolution atypique doit être mise en rapport avec une autre caractéristique remarquable de la décennie 1990 : le taux d’investissement productif a fortement augmenté alors qu’il était resté stable dans le cycle des années 1960 et qu’il avait même baissé au cours du cycle 1983-1989.

D’autres regardent les évolutions économiques récentes avec prudence et émettent des doutes quant à l’avènement d’un new age. Le ralentissement de la croissance et le e-krach enregistrés à partir de l’année 2000 donne quelque crédit à cette seconde interprétation. Pour autant, on ne doit pas minimiser l’ampleur des transformations qui ont sous-tendu l’épisode de la nouvelle économie pendant la seconde moitié des années 1990.

3) L’économie de l’immatériel et des services personnalisés :

Les deux siècles qui viennent de s’écouler se caractérisent par une montée en puissance de l’économie des services. Au début du XIXe siècle, la part des services s’élevait à 15% de la population active, celle de l’industrie et de l’agriculture à respectivement 20% et 65%. A la fin du XXe siècle, les services emploient 72% de la population active en France (80% aux Etats-Unis), l’industrie 23.5% et l’agriculture 4.5%. Avec les TIC, on franchit un nouveau cap : la frontière entre biens et services tend à s’estomper. C’est l’émergence d’une « économie de l’immatériel » dans laquelle la relation centrale est celle qui s’établit entre l’homme, l’idée et les images. Au fur et à mesure que le contenu en information et l’interactivité des produits s’intensifient, ceux-ci changent de nature. Leur valeur réside moins dans leurs propriétés physiques que dans leur capacité à donner accès à des prestations immatérielles. Ainsi se développe l’économie de l’accès , dans laquelle l’échange de bien est remplacé par un système d’accès contrôlé par les entreprises à travers diverses procédures de location, de leasing, de concession, de droits d’admission, d’adhésion ou d’abonnement qui en définissent l’usage provisoire. Dans cet univers, l’accès remplace la propriété, la location se substitue à l’achat ; les consommateurs n’achètent plus de voitures, ils paient des services de location automobile.

La conception même des objets de consommation par les entreprises est modifiée pour mieux prendre en compte cette hégémonie des services. Les produits ne sont plus pensés comme des objets dotés de caractéristiques immuables et ayant une valeur définitive, mais comme des produits évolutifs, susceptibles de connaître des améliorations potentielles et d’apporter des services à valeur ajoutée. Le produit matériel ne sert souvent que de « support » à la distribution de services et permet d’instaurer une relation de services durable entre l’entreprise et son client.

Autres transformations majeurs : la personnalisation de la production de services. Grâce aux possibilités qu’elles ont introduites en termes de traitement de l’information et d’interaction avec les consommateurs, les TIC ont permis aux entreprises d’adapter leur offre aux besoins spécifiques de leurs clients. Ainsi, les activités les plus dynamiques et rentables satisfont les besoins de leurs clients par des techniques d’enlèvement et de livraisons spécialisées à l’aide de containers individualisés. De même, les établissements financiers les plus rentables offrent une gamme complète de services (liant la banque, l’assurance et les placements) adaptés aux besoins particuliers des individus et des entreprises.

En 1997, le travail de production, traitement et diffusion de l’information occupait plus de 50% de la main-d’œuvre américaine. Ainsi, bien avant que n’émerge Internet comme phénomène de masse, les pays développés et notamment les Etats-Unis étaient déjà entrés de plain pieds dans L’économie de l’information. En effet, dés les années 1970, une part substantif de la production active était impliquée dans la production, le traitement et la diffusion de l’information. A l’époque, on pensait que la diffusion des systèmes informatiques dans les entreprises allait créer de nouveaux secteurs d’activités qui pourraient servir de relais de croissance aux économies avancés en crise au milieu des années 1970. Cette anticipation à été dans l’ensemble validée par les faits si l’on s’en tient à l’essor des industries de l’informatique et des télécommunications génératrices de richesse et d’emplois.

Toutefois, les aspects économiques ne constituent qu’une des multiples facettes des transformations en cours. Les comportements sociaux, les pratiques culturelles ou scientifiques, l’éducation et la formation, le fonctionnement du système de santé, l’action de l’administration et l’exercice de la citoyenneté sont autant de domaines affectés par le phénomène des TIC.

Le développement des nouvelles technologies, la montée en puissance de la finance internationale et l’émergence d’un nouveau régime capitaliste vont de pair avec de profondes mutations de la société et des rapports sociaux. En d’autres termes, la transformation du mode de production capitaliste, à partir de la fin du XX e siècle, entraîne la formation progressive de structures sociales et d’inégalités nouvelles.
Sous le précédent régime de croissance « fordiste », l’organisation sociale présentait trois caractéristiques essentielles : des institutions centralisées, des relations sociales stables et des valeurs collectives fortes. Ces trois traits tendent à s’estomper dans la société actuelle.
En outre, l’avènement d’une « société en réseaux » , caractéristique de l’ « ère de l’information », engendre une décentralisation des relations sociales. Entreprise, famille, Etat, médias : dans ces divers domaines, nous passons d’une société où toutes les institutions étaient centralisées à une société organisée en réseaux. Les nouvelles technologies tendent, comme nous l’avons vu, à remplacer l’organisation de l’entreprise taylorienne, fondée sur la hiérarchie, par une organisation horizontale et décentralisée reposant sur la notion de connectivité. On peut penser que ces transformations vont affecter d’autres institutions. L’Etat pourrait ainsi être amené à bondonner ses structures de gestion dirigistes, ses processus de décision rigides, sous la pression des citoyens informatisés disposant d’une information plus vaste et réclamant des services personnalisés et immédiatement disponibles. Les mutations en cours iraient alors dans le sens de la démocratie.
Mais, d’un autre côté, l’organisation de la société en réseaux est une entrave au maintien de valeurs collectives fortes telles que la solidarité, l’entraide, qui fondaient le modèle fordiste. La décentralisation des relations sociales, induite par les réseaux, pousse en effet à l’individualisme et à l’évitement de l’autre. La notion même de « bien commun » devient problématique : l’appartenance ou la non-appartenance au réseau étant le plus souvent invisible, comment savoir entre quelles personnes un bien est mis en « commun » ? Ce constat également le lien existant entre la sociabilité en réseaux et l’exclusion sociale : dans une organisation réticulaire, les plus démunis risquent de disparaître sans laisser de trace, ce qui justifie le qualificatif d’ « exclus ». L’exclusion sociale, Dans la nouvelle société informationnelle, ne se limite donc pas à la « fracture numérique », c’est-à-dire aux inégalités d’accès aux NTIC, mais résulte plus fondamentalement du fonctionnement de cette nouvelle organisation sociale. Les transformations des modes de production et de consommation ont entraîné un éclatement des relations salariales et une remise en question du modèle d’emploi standard.

Désormais, la concurrence repose avant tout sur la qualité et sur l’innovation, ce qui entraîne une plus grande différenciation des contrats de travail et une individualisation des salaires. Il s’agit de prendre en compte les différences de qualification, d’aptitudes et de motivations supposées être à l’origine de la réussite économique. La valeur d’un salarié et de moins en moins dans ce qui le distingue des autres salariés et de moins en moins dans ce qu’il a en commun avec eux. D’où la prolifération des formes d’emploi, la montée de l’individualisme et la dissolution des solidarités de classe.
Le marché du travail s’apparente de plus en plus au modèle du marché concurrentiel tel que le décrivent les manuels d’économie, c’est-à-dire peuplé d’acteurs individuels. Il y’a là une rupture radicale avec le compromis capital/travail et la détermination collective des rémunérations, qui avaient permis, durant la période fordiste, le maintien d’un rapport salarial uniforme et codifié par la loi.
Les conditions de travail sont également bouleversées par la réorganisation des entreprises cherchant à s’adapter aux données du nouveau capitalisme : mondialisation, informatisation, externalisation de la production, pression des actionnaires, diversité et versatilité de la demande. Les innovations organisationnelles, qualifiées de « pratiques flexibles », cherchent à rompre avec la logique du modèle taylorien (exploitation des économies d’échelle, standardisation des produits, un homme= une tâche).

Les objectifs sont désormais l’adaptabilité à la demande, la réactivité, la qualité et surtout l’optimisation du processus productif, et mobilisent toutes les compétences humaines. Ils impliquent une polyvalence accrue des salariés et une délégation de responsabilité aux niveaux hiérarchiques inférieurs. Poussées par les sociétés de conseil, les entreprises mettent en œuvre de nouvelles pratiques dont la « flexibilité » est le maître mot : équipes autonomes, cercles de qualité, re-engineering , Lean production ou production au plus juste . Cette dernière est directement issue du modèle dit de « production toyotiste », fondé sur l’élimination des stocks, le juste-à-temps, la circulation horizontale de l’information et les suggestions des salariés pour améliorer les performances et la qualité.
Finalement, on peut citer trois grandes spécificités qui caractérisent la société de l’information. En effet, l’information y est utilisée comme une ressource économique. Les entreprises recourent davantage à l’information pour accroître leur efficacité, leur compétitivité, stimuler l’innovation et obtenir les meilleurs résultats.
Etant à plus forte valeur ajoutée, ces entreprises profitent donc à l’économie générale d’un pays. Qu’ils soient développés ou PVD, les pays qui se transforment en société de l’information sont assurés d’être présents sur un marché international qui ne cesse d’évoluer.

On y distingue une plus grande utilisation de l’information par le grand public. Les gens recourent plus intensivement à l’information dans leurs activités de consommateurs, que ce soit pour faire un choix avisé entre différents produits, connaître leurs droits aux services publics ou mieux prendre leur vie en main, ou bien encore pour exercer leurs responsabilités civiques et s’ouvrir plus largement à l’accès à l’éducation au savoir et à la culture et d’en profiter pour meubler leur temps de loisirs ou vaquer à leur hobby préféré : Home shopping, activités culinaires ou sportives, « chatting » ou participer aux forum d’internautes (news groups). Tout ceci, grâce aux technologies interactives et à la convergence des réseaux.
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Bertrand Gille, Histoire des techniques, Gallimard, coll. « La Pléiade », 1978
Castells, Manuel, La société en réseaux (T. 1 de L’ère de l’information), Fayard, 1998 et 2001.
Re-engineering: (Reengeneering, Réingénierie); reconfiguration des processus. Démarche visant à restructurer et d’améliorer les performances d’une entreprise.
Pour parvenir à la “production au plus juste”, la méthodologie consiste à analyser l’ensemble des fonctions liées à la production pour identifier les opérations sans valeur ajoutée et aboutir à des plans d’action visant à améliorer la compétitivité de l’entreprise.



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