Accord Maroc – USA pour la création d’une zone de libre-échange

La compétitivité des entreprises marocaines face aux défis de libre-échange
CHAPITRE II: Les différentes étapes de libéralisation de l’économie Marocaine
SECTION  III  : Accord Maroc – USA pour la création d’une zone de libre-échange

Le Maroc et les Etats-Unis ont entamé des concertations pour examiner l’opportunité de l’établissement d’une zone de libre-échange, au sein de laquelle les barrières au commerce et aux investissements seront progressivement éliminées entre les deux pays. Etant donné les différences importantes qui existent entre la taille des deux partenaires. On peut s’interroger sur la capacité de ce projet à faire bénéficier l’économie marocaine d’un gain additionnel  dans des échanges avec l’Amérique.  Le niveau de protection douanier n’est pas l’obstacle réel à la pénétration des marchés respectifs. Le challenge réside surtout dans l’attractivité  que le libre échange exercera sur la confiance des acteurs et en conséquence sur la délocalisation des investissements. Le PIB national atteint à peine 0,3% du PIB américain.  Le poids des deux nations dans les échanges mondiaux est aussi contrasté : Les Etats-Unis sont la 1ère puissance commerciale. Le Maroc navigue difficilement au délai du centième rang. La proximité géographique est un facteur moins incitatif qu’avec l’Europe. Quelle est la motivation réelle qui anime deux pays d’aussi inégale dimension à contracter un accord de libre échange ? on peut y voir une adhésion commune à la conviction que la liberté des échanges est efficace, car elle permet de maximiser la satisfaction des consommateurs  et destiner le meilleur profit des ressources utilisées, le gain à l’échange n’est pas corrélé à la taille respective des partenaires. Mais on admet que le gain net ne peut être en faveur de la petite nation que si le commerce est relayé par des investissements de délocalisation.

En fait le potentiel de gain et l’intérêt stratégique des deux pays se combinent pour plaider l’opportunité de ce choix.

1- Contexte et logique des partenaires
Le choix d’une politique commerciale ne répond pas qu’à la volonté de réaliser un objectif de promotion des échanges ou de satisfaire des groupes d’intérêts particuliers. Elle obéit plutôt aux intérêts stratégiques et géopolitiques spécifiques des deux parties et au souhait de voir leurs bilatérales d’investissements et d’échanges commerciaux se renforcer.  Chacun des deux pays est déjà lié par des accords commerciaux préférentiels avec des partenaires régionaux ou bilatéraux. Le Maroc s’est engagé avec l’UE dans un accord d’association à dimension méditerranéenne. Il y a conclu des accords de libre échange avec des pays arabes et cherche à étendre cette démarche à d’autres partenaires (quelques pays de l’Europe de l’Est).

Les Etats-Unis ont instauré l’ALENA avec le Canada et le Mexique.  La puissance Américaine s’intéresse à la méditerranéen, il y a quelques années que les Etats-Unis a signé un accord de libre échange avec Israël, un partenariat économique pour l’Afrique du nord et les Etats-Unis, couvrait le Maroc. La Tunisie et l’Algérie dans la perspective de coordonner les politiques dans un contexte d’un forum régional plus général.  Plusieurs pays de l’hémisphère sud et des pays africains jouissent d’un accès préférentiel au sein du marché américain.

2-Le potentiel des échanges (21)

Septième destination dans l’ordre des marchés extérieurs, les Etats-Unis ne sont pas un client de première importance pour le Maroc. Le marché Américain n’absorbe que 3,4% des exportations nationales. Dans le total des importations alimentant la demande nationale, 6,5% proviennent de Etats-Unis. L’histoire et la géographe on conduit à un ancrage des échanges marocains avec la puissance de proximité :vers l’Europe les ventes des Maroc représentent un pourcentage insignifiant des exportations globales américaines (0,08%).Les produits les plus importants concernant les céréales, les oléagineux et pièces (huiles, tourteaux et grain de soja), le tabac, les machines et pièces de rechange, le matériel informatique, les véhicules et les avions. Les composants et les machines sont en évolution remarquable, par contre, les produits agricoles ont baissé de manière significative. Les ventes d’avions sont irrégulières et celle des céréales sont instables le développement de l’aviculture au Maroc a suscité une croissance des achats de céréales fourragères américaines maïs et sorgho, pour plusieurs produits, les Etats-Unis sont des fournisseurs exclusifs ; mais pour la plupart, ils se disputent des parts de marchés avec les pays européens notamment en ce qui concerne le blé, l’huile de graines, les équipements industriels et les pièces de recharge (22)

Les importations américaines en provenance du Maroc représentent une toute aussi petite proportions des importations totales américaines (0,04%). Les produits les plus vendus sont l’agar-agar, les produits de la mer, les denrées alimentaires préparées, le phosphate brut et transformé, les vêtements pour femmes, le semi-conducteurs, les circuits électriques intégrés ces biens

représentent 85% du total des importations à partir du maroc.

Le Maroc fait face à une forte concurrence de la part du Mexique en ce qui concerne les exportations qui font appel à une main d’œuvre importante globalement, le commerce avec les Etats-Unis dégage un déficit très  élevé au détriment du Maroc.  Le niveau de couverture des échanges ne dépasse guère une moyenne de 35%.

Le volume du commerce bilatéral entre les Etats-Unis et le Maroc est encore faible néanmoins en dépit de la très modeste position que le marché marocain représente actuellement pour les Etats-Unis, il dispose d’un potentiel d’évolution non négligeable, il peut devenir une plate-forme pour les entreprises américaines à la recherche d’un accès plus facile en Europe il est un site pour nous des réseaux d’échange avec les pays d’Afrique de l’ouest.

3-Des intérêts réciproques (23)
Le Maroc ne jouit plus d’un accès préférentiel au marché européen, le poids de l’Europe dans nos échanges est trop prégnant. Les exportations agricoles pour lesquelles le Maroc a un avantage comparatif sont sujettes à des restrictions. Par ailleurs, l’Europe élargi son approche libre échangiste au-delà de la zone méditerranéenne et établi des accords de coopérations avec d’autre partenaires tels le Mexique et l’Afrique du sud, cet élargissement du champ de la concurrence bouscule les poids de marché marocaines, la volonté d’atténuer la dépendance appelle obligatoirement à la prospection de nouveaux débouchés. Dans les négociations multilatérales,

Le Maroc souhaite élargir son champ de soutien pour faciliter l’accès aux marchés, il cherche à drainer l’investissement étranger pour contribuer au financement de sa croissance. Les Etats-Unis sont au deuxième rang après la France entant qu’émetteurs  d’investissement à destination du territoire national. Pour toutes ces raisons, l’ouverture du Maroc vers les Etats-Unis représente un objet à prendre en considération.

4- Niveaux des droits de douane (24)
Apparemment le niveau de protection des marchés américains et marocains ne constituent pas un obstacle dissuasif au développement des échanges entre les deux pays, dans beaucoup de produits à destination des Etats-Unis ;  des huiles d’olives, la majorité des produits de mer,  les conserves de légumes, les minerais,  les semi-conducteurs  et les circuits intégrés.  Une taxe douanière spécifique et appliquée aux arguments et pour les huiles d’olives pour les trois catégories du sardines en conserve que le Maroc exporte vers les Etats-Unis des taxes ad valorem de 0,8% à 20% sont appliquées. Le Mexique a un avantage préférentiel sur la catégorie des poissons en conserve. la catégorie des exportations marocaines la plus lourdement taxées à l’entrée du marché américain concerne  l’habillement.

Dans la même catégorie de produits, le Mexique, le Canada, les pays des caraïbes bénéficient du libre accès. Concernant les exportations américaines vers le Maroc, les droits de douane ne sont pas pénalisants pour la plupart des produits à l’exception de quelques uns dont les céréales et les oléagineuxs.

Tenant compte du volume des échanges et du niveau des prélèvements douaniers, un accord de libre échange n’aura vraisemblablement pas d’impact immédiat  et massif sur le volume du commerce bilatéral. Cependant, les exportations marocaines de textile et de produits électroniques à destination des Etats-Unis, ainsi que les exportations américaines vers le Maroc qui sont assujettiés à des tarifs douaniers élevés ou modérés pourraient connaître une progression sous un régime de libre échange. Si la proposition américaine de libre échange est configurée sur le modèle en vigueur en Amérique ou au moyen orient, elle se donnera sur l’ensemble des marchandises. Contrairement à l’accore d’association avec l’Europe, le modèle américain de libre échange se veut global en couvrant les secteurs agricoles et des services.  Il accord aux engagements sur les règles des échanges une place de choix dans le dispositif général du projet.
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21 Centre marocain de conjoncture lettre n° 119. p: 4
22 Centre marocain de conjoncture lettre n° 119. p: 4
23 Centre marocain de conjoncture lettre n° 119, p: 3.
24 Centre marocain de conjoncture lettre n° 119, p: 4.

 



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