Limites du concept développement durable

Marketing et développement durable: cas du secteur touristique
SECTION 3 : LE DEVELOPPEMENT DURABLE
CHAPITRE I : PRESENTATION DES CONCEPTS
III- LIMITE DU CONCEPT
Le concept du développement durable emballe littéralement aujourd’hui les foules : du monde politique au grand public en passant par les entreprises, collectivités, associations, tous ont leur mot à dire sur cette idée. Cependant, cette notion voie apparaître quelques risques notamment dans son application
•    Les positivistes sont mal à l’aise face à la logique du développement durable qui est proposé et ils persistent à estimer que les progrès des sciences et des techniques suffiront relever les défis du futur. En effet, bon nombre de scientifiques comme WILFRED BECKERMAN qui affirme que le développement durable serait « vide de contenu scientifique ».
•    Pour Edgar Morin  «  le développement, notion apparemment universaliste, constitue un mythe typique du sociocentrisme occidental, un moteur d’occidentalisation forcenée, un instrument de colonisation des sous développés du sud par le nord ».
En effet, pourquoi les pays, maintenant développés, imposeraient ils aux pays en  développement une vision limitative de leur développement ? Le concept est bon, ses objectifs louables, mais il sert peut-être à justifier une politique protectionniste de certains pays craignant une trop grande concurrence. En pratique, les pays développés ne se privent pas de commercer avec la Chine, malgré les risques de dérive de l’empreinte écologique de celle-ci.
Malgré la nécessité réelle de mettre en place le développement, on se rend compte des difficultés possibles notamment en termes de lutte des pouvoirs, et de refonte quasi-totale de l’économie capitaliste. On parle même d’ailleurs de décroissance économique, autrement dit, le fait que le système actuel et ses impacts ne pourront survivre à long terme c’est pourquoi il faudrait le réorganiser de façon à inclure croissance, équilibre sociaux et environnementaux.
Aussi bien que le concept puisse apparaître utopique aux yeux des plus septiques, des solutions n’en ont pas été moins recherchées notamment au niveau des entreprises.

IV- LA RESPONSABILITE SOCIALE DES ENTREPRISES
Autre tendance nette qui s’affirme de plus en plus dans les économies industrialisées : la prise de consciences des responsabilités sociales et sociétales de l’entreprise et l’adoption du management responsable ; cette prises de conscience s’appuie sur les constations suivantes.
•    Pour se développer, l’entreprise a besoin d’un environnement sain et prospère : on ne construit pas un progrès économique durable sur un désastre social. Un système économique mondial dont se trouve exclue la moitié de l’humanité n’est pas viable sur le plan politique ni acceptable sur le plan moral.
•    Un environnement hostile et dégradé génère des insécurités physiques et des risques d’explosion sociale.
•    L’Etat providence et la pression fiscale qu’il implique ont clairement montré leurs limites, tant au tant quantitatif qu’au plan financier, en alourdissant le coût de la main d’œuvre et en affaiblissant la compétitivité des entreprises qui, aujourd’hui, doit être mondiale.
•    Au lieu de payer plus d’impôts, la société civile doit se réveiller et engager ses compétences là ou elle sait le faire.

Précisément, les domaines d’activités ou l’entreprise peut exercer cette citoyenneté collective sont nombreux et variés. Elle peut ainsi : développer le tissu économique d’une région, favoriser le maintien et la création d’emplois, participer à l’éducation, protéger l’environnement physique, contribuer au développement de la cité, lutter contre l’exclusion sociale.
Une organisation citoyenne-petite, moyenne, grande ou publique se définit donc comme une organisation qui, au –delà de ses activités directes, désire protéger son environnement social et physique, et se solidariser avec la communauté dans laquelle elle vit et grâce à laquelle elle subsiste.
La notion de responsabilité sociale a pour traduction concrète l’engagement tangible en faveur du développement économique et social et de la protection environnementale du territoire ; la réduction des inégalités, la formation, la mise en accessibilité des produits et des services et la contribution aux causes d’intérêt général (2).
Au forum économique mondial de Davos en suisse en 1999, Kofi Annan (2), secrétaire général des nations unies, a proposé  « un pacte mondial » sorte de code éthique composé de neuf principes. Les entreprises qui participent au pacte mondial s’engagent à :
•    Promouvoir et respecter les droits de l’homme dans leur sphère d’influence.
•    S’assurer qu’elles ne se rendent pas complices de violations des droits de l’homme.
•    Garantir la liberté d’association et le droit à la négociation collective.
•    Eliminer toutes formes de travail forcé.
•    Eliminer toutes formes de discrimination au travail.
•    Soutenir une approche préventive en matière de protection de l’environnement.
•    Prendre les initiatives afin de promouvoir une plus grande responsabilité envers l’environnement
•    Les entreprises sont invitées à adopter une démarche fondée sur le principe de précaution en matière d’environnement
•    Encourager le développement et la diffusion de technologies respectueuses de l’environnement.
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(1)  Marketing stratégique et opérationnel : Du marketing à l’orientation marché, 6éme édition, Jean Jacques LAMBIN , Ruben CHUMPITAZ, Chantal de MOERLOOZE, Pages : 74-75.
(2)  « Contribution spéciale » Kofi Annan



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