LA CRISE DE « 1929 » ET SES CONSEQUENCES

LES CRISES LIEES AUX RISQUES FINANCIERS – SECTION 1 :
Les crises des marchés financiers qui se succèdent depuis une trentaine d’années traduisent les dangers d’une innovation financière, accompagnée d’une créativité comptable qui donne naissance dans une période d’abondance de liquidités à des bulles qui dopent l’économie mais de façon artificielle. Pour attirer les liquidités les inventions financières se multiplient, mais la démesure d’opérations qui par ailleurs ne sont pas maîtrisées ni contrôlées, mine la santé de l’économie. La crise des marchés financiers s’accompagne de crises monétaires et d’une évolution du cours des matières premières qui fait ressortir le spectre de famines à grande échelle.

A- LA CRISE DE « 1929 » ET SES CONSEQUENCES
La crise de 1929 est une crise boursière qui se déroula à la bourse de new York entre le 24 octobre et le 29 octobre 1929, cet événement marque le début de la grand dépression, la plus grande crise économique du 19eme siècle. Les jours-clés du crise ont hérité de surnoms distincts : le 24 octobre est appelé jeudi noir, et le 28 octobre est le lundi noir, et le 29 octobre est le mardi noir. Indice dow Jones de 1921 à septembre 1929.
La crise de 1929 est consécutif à une bulle spéculative, dont la genèse remonte à 1927. La bulle est amplifiée par le nouveau système d’achat à crédit d’action, qui depuis 1926 est permis à wall street. Les investisseurs peuvent ainsi acheter des titres avec une couverture de seulement 10%. Le taux d’emprunt dépend du taux d’intérêt à court terme ; la pérennité de ce système dépend donc de la différence entre le taux d’appréciation des actions et ce taux d’emprunt.

Suite à la hausse des taux d’intérêt en avril 1929, lorsque survient la première stagnation des cours, le remboursement des intérêt devient supérieur aux gains boursiers et de nombreux investisseurs sont alors contraints de vendre leurs titres pour couvrir leurs emprunts (appels de marge), ce qui va pousser les cours à la baisse et déclencher une réaction en chaîne. C’est en septembre 1929 que les cours atteignent en marquent une période de forte croissance aux etas-unis. Ainsi entre 1921 et 1929 la production industrielle augmente de 50% le « boom » boursier n’apparaît donc pas. Toutefois, la hausse annuelle des cours pendant la même période est de 18%, soit une hausse totale de plus de 300%. Selon jacques brasseul, « le cours des titres augmente aussi plus que les profits des entreprises, qui eux-mêmes augmentent plus que la production, la productivité, et enfin plus que les salaires, » un élément spéculatif se développe, puis devient prépondérant à partir de 1928.

L’économie, elle, montre des signes de faiblesse dés début 1929 : ainsi, la production automobile chute de 622000 véhicule à 6416000 entre mars et septembre. La production industrielle, elle recule de 7% entre mai et octobre. Ce ralentissement est en partie du à un phénomène d’asphyxie : les capitaux disponibles à la bourse plutôt que vers l’économie « réelle ».

1- explication des causes et conséquences de la crise de 1929
Le cycle s’emballe le lundi 28 qui restera dans les mémoires comme « le lundi noir », ou 9,25 millions de titres sont échangés. Les banques n’interviennent pas, contrairement au jeudi précédent. L’indice dow Jones perd 13 % un record qui ne sera battu que lors de la crise, certains titres sont massacrés ; par exemple general electric perd 48 points.
Le 29 octobre, le mardi noir, le volume échangé atteint 16,4 millions de titres. Les téléimprimeurs ont jusqu’à deux heures et demie de retard sur les cours . L’indice dow jones perd encore 12 % et les gains d’une année de hausse disparaissent, Winston Churchill, qui se trouve alors à new York, affirme être le témoin du suicide d’un spéculateur qui se serait jeté par la fenêtre. L’événement n’a jamais été confirmé, et il est à l’origine des légendes sur les nombreux spéculateurs qui se seraient ainsi défenestrés (en tant que phénomène massif, il a été démontré statistiquement que les suicides d’acteurs du système financier à cause de la crise sont une légende urbaine) entre le octobre et le 13 novembre, l’indice dow jones passe de 326,51à 198,69(-39%), ce qui correspond à une perte virtuelle de 30 milliards de dollars dix fois le budget de l’état fédéral américain et plus que ce que les etas-unis avaient dépensé pendant toute la première guerre mondiale.

Par un effet de dominos, c’est l’ensemble de la Bourse qui s’effondre, et la chute de1930 à1932 est supérieure à celle de l’année 1929. Le 8 juillet 1932, le Dow Jones tombe à 41,22, son plus bas niveau depuis sa création en 1896.

La perte de confiance due à la crise boursière affecte la consommation et les investissements lors des mois suivant la crise. Les investisseurs qui ont spéculé en empruntant ne peuvent plus rembourser et causent des pertes sèches, ce qui conduit les banques à restreindre leur crédit. Les grandes entreprises connaissent alors des difficultés de trésorerie croissantes. Les plus faibles font faillite, ce qui accroît la fragilité des banques. Les épargnants paniquent et se précipitent auprès de leur banque pour retirer leur argent. Sans mécanismes de stabilisation, les banques les plus faibles sont dévastées par l’hémorragie de fonds et doivent faire faillite à leur tour : la crise devient alors une crise bancaire à partir de 1930.

Les crédits se tarissent, la consommation, l’investissement et la production continuent de chuter, le chômage explose (de 1,5 millions à 15 millions en 1933), et la crise bancaire devient une crise économique en 1931.
Les mesures protectionnistes telles que la loi Hawley-Smoot de 1930 sur les droits de douane, favorisent la propagation de la crise à toutes les économies occidentales à partir de 1931.
Les indices boursiers ne reprendront des valeurs comparables à celles précédant la crise de 1929 que vingt-cinq ans plus tard (le pic du 3 septembre 1929 est dépassé le 23 novembre 1954).

2. La crise devient mondiale
La crise s’est étendue au monde par l’intermédiaire des échanges commerciaux internationaux et à cause du poids de l’économie américaine dans le monde. En effet, il faut savoir qu’en 1929, la production industrielle des Etats-Unis représente près de 45 % de la production mondiale, contre seulement 28 % pour les trois principales puissances européennes (en l’occurrence la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne). Les Etats-Unis sont de plus les premiers exportateurs mondiaux, et les seconds importateurs après la Grande-Bretagne. Qui plus est, ils représentent 12 % du commerce international et importent jusqu’à 40 % de matières premières du monde. On ne peut donc que constater le rôle dominant des Etats-Unis sur les pays producteurs et les pays acheteurs.
La crise boursier et la crise qui se développe aux Etats-Unis entraînent la réduction massive des exportations : les exportations américaines qui passent de 5,2 milliards de $ en 1929 à 1,6 milliard de $ en 1932. La baisse encore plus flagrante pour les produits à destination de l’Europe. Les échanges mondiaux baissent d’ ¼ en termes réels entre 1929 et 1934, mais en terme de valeur, comme les prix baissent de 50 %, ils baissent de 2/3.

La baisse de la demande globale américaine joue aussi un rôle important sur le marché international, créant une situation de blocage pour de nombreux pays. Les pays dépendant commercialement des Etats-Unis (que ce soit des pays producteurs ou des pays acheteurs) se retrouvent quasiment ruinés. Tout le globe est influencé. De plus, il faut ajouter que le rapatriement massif des capitaux américains investis à l’étranger est une cause de plus dans le repli des échanges internationaux. L’Autriche fut la première touchée par la raréfaction des capitaux, avec la faillite de la banque Kreditanstalt. En Allemagne, aussi, la faillite de la Danat Bank, en juillet 1931, provoqua l’effondrement du système bancaire et influença d’autres puissances. Très endetté et ne pouvant rapatrier ses capitaux investis en Allemagne, le Royaume-Uni dut abandonner la référence de l’étalon-or pour sa monnaie qui fut dévaluée de 40 % en septembre 1931.

La crise de 1929

La chute de la livre sterling provoqua par contrecoup celle d’une trentaine de monnaies qui lui étaient liées (Scandinavie, Portugal, Égypte, etc.). Les flux financiers internationaux étaient totalement désorganisés et le commerce mondial sombra dans le marasme. Entre 1931 et 1934, pratiquement tous les gouvernements jugèrent nécessaire d’abandonner l’étalon-or. Cette politique fut en partie motivée par l’hypothèse selon laquelle les produits nationaux sur le marché intérieur et les exportations d’un pays pouvaient être stimulées en dévaluant la monnaie par rapport à son taux de change. Le système monétaire international, basé sur l’étalon-or, commença donc à s’effondrer. Le monde se fractionna alors en plusieurs zones monétaires : bloc dollar (Etats-Unis et pays d’Amérique), zone sterling (Grande-Bretagne + Empire colonial anglais), bloc de l’Or…. Une telle fragmentation, renforcée par la montée de mesures protectionnistes, aboutit à une dislocation des relations économiques internationales.

Enfin, sur le plan social, de nombreux pays sont heurtés de plein fouet par la crise : on assiste, comme aux Etats-Unis, à une multiplication des faillites (notamment en France la Banque nationale de crédit, ou encore Citroën, à partir de 1931), qui engendre la multiplication des chômeurs (fin 1932, on atteint 6 millions de chômeurs en Allemagne et 3 millions de chômeurs en Grande-Bretagne).

Conclusion :
La crise de 1929 s’est avérée extrêmement originale et inhabituelle car, contrairement à ces fameuses crises « cycliques », la crise de 1929 a touché tous les secteurs de production, et plus particulièrement les secteurs primordiaux (agriculture, automobile, électricité, bâtiment…) qui ne sont en aucun cas des industries malsaines. De plus, la crise n’a pas seulement touché les Etats-Unis. Du fait de l’omniprésence des Etats-Unis sur le marché mondial, la crise s’est étendue au monde entier, paralysant tous les pays telle une épidémie. Que ce soit aux Etats-Unis, en Amérique du Sud ou en Europe, la crise de 1929 a influencé tous les secteurs, tous les milieux par ricochet : de crise boursière, elle s’est transformée en crise bancaire, puis crise agricole et crise industrielle, mais aussi en crise sociale extrême. La crise des années trente constitue donc bel et bien une crise inhabituelle et originale par l’ampleur de ses conséquences qui était inattendue.

La crise marque aussi une rupture soudaine, car elle intervient après une période de progrès de grande ampleur et de prospérité. C’est aussi une crise de rupture par le fait qu’elle a remis en cause tous les idéaux monétaires et économiques des décennies précédentes. En effet, c’est la plus grave crise que les grands pays capitalistes (en particulier donc les Etats-Unis et le Royaume-Uni) aient connue, et c’est la première fois depuis la révolution industrielle que le système capitaliste est profondément remis en cause. Système économique et social dominant à la fin du XIXème siècle, le capitalisme s’appuyait sur sa prodigieuse capacité à créer de nouvelles richesses et à améliorer les conditions de vie, ainsi que sur le contrôle des moyens de production et d’échange par les entreprises. Ce système fut un des facteurs conjoncturels et structurels de l’extension de la crise, et il fut incapable de retrouver l’équilibre suite à la de 1929, à tel point que le système monétaire international basé sur l’étalon-or s’effondra. Le système capitaliste fut d’autant plus remis en cause que le système communiste, né en 1917, s’était parfaitement développé en échappant à la crise mondiale.

Cependant, contrairement aux idées de Marx qui avait prédit la destruction du système capitaliste, les économies capitalistes ne s’effondrèrent pas. Au contraire, face au défi de la crise, les pays capitalistes ont démontré de remarquables facultés de survie et d’adaptation. Les gouvernements démocratiques commencèrent à intervenir directement dans l’économie afin de corriger les dysfonctionnements du capitalisme. Aux États-Unis, par exemple, le New Deal du président Roosevelt permit de restructurer le système financier afin d’éviter le renouvellement des excès spéculatifs qui avaient conduit à la de Wall Street en 1929. Les bases de l’État-providence furent posées avec l’introduction de la Sécurité sociale et de l’assurance-chômage, mesures destinées à protéger les citoyens des risques économiques existant dans un système capitaliste. On entra ainsi dans un capitalisme moderne, qui n’était plus conçu comme une force autonome mais comme un ensemble de conditions de marché structurées par la force publique et encadrées par des institutions et des organisations syndicales.

B- AUTRE RISQUES LIEES AUX RELATIONS FINANCIERES.
Les crédits souverains
Dans la seconde moitié des années 1970 le choc pétrolier avait donné naissance à une abondance de liquidité dont il était dit qu’elles constituaient un danger tant il y avait un excédent de liquidité. Il s’en est suivi une débauche de prêts sous forme d’eurocrédits et d’euro-émissions. Ces prêts ont été accordés de façons inconsidérées aux pays dits en voie de développement.
Ces crédits étaient accordés sur la base d’une assimilation du risque sur pays souverain à un risque de première qualité, avec l’hypothèse annexe que les crédits généreraient en tout état de cause les capacités de remboursement. L’octroi de ces prêts permettait de financer l’activité des entreprises de travaux publics, des constructions d’usines et des développements immobiliers et touristiques et ainsi de dynamiser les entreprises des pays qui octroyaient les crédits. Par le biais du développement des techniques de financement de projet et grâce aux crédits ainsi accordés pour les projets, les entreprises promotrices des projets échappaient aux risques d’échec.

La crise des prêts aux PVD
De très nombreux projets financés par les crédits internationaux ont été des échecs et les projets d’infrastructure n’avaient bien entendu aucune rentabilité propre. L’incapacité de nombreux pays à rembourser les crédits qui leur avaient été consentis à fait que de très nombreuses banques internationales et en particulier des banques américaines ont accumulé des prêts non performants. La valeur des actifs des banques était ainsi largement remise en cause.

Plan Brady et Bad Bank
De cette époque sont nées diverses innovations financières et en particulier les techniques de séparation des banques en deux, la Bad Bank et la good Bank, les techniques de rehaussement de crédit. Et les techniques de titrisation. Il s’agissait d’assainir les bilans des banques, en séparant les activités gangrenées, en permettant de réaliser les actifs et en externalisant les risques.
CH 3 : LES CRISES LIEES AUX RISQUES FINANCIERS
La gestion du risque financier : Aspects économiques & modèles mathématiques

La gestion du risque financier : Aspects économiques & modèles mathématiques



   One Comment


  1. Abdou A Bamba
      20 April, 2014

    Je veux collaborer avec vous puissiez m’aider à traiter les thèmes juridiques.

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