L'incipit et la clausule

Le voyage initiatique de Candide
Chapitre I: Accès à l’oeuvre

2-L’incipit et la clausule :
Le début comme la fin de toute œuvre occupe une place privilégiée dans l’économie générale de celle-ci le début est un moment intéressant pour instruire et réduire le lecteur. La fin et un autre moment important où il faut quitter le lecteur en l’installant dans un système de valeurs construit le long du texte.

a- L’incipit
D’origine latine, le terme incipit vient du verbe ” incipere” qui signifie ” prendre en main” d’où “commencer” puis l’ouverture du roman.
” Dans l’étude de l’incipit, la question des frontières semble plus ardue que pour les autres passages. Faut-il considérer que le début s’achève avec la première phrase, avec la présence d’une fracture (passage du récit au discours, du narratif au descriptif) ou avec le commencement de l’intrigue ?” . On retiendra ce dernier indice d’autant plus qu’on est dans le cadre du conte et que la situation initiale (du schéma narratif) s’impose.
Soit donc le passage «  Il y avait en Westphalie … des châteaux possible » .
A la lecture du passage, il est à retenir deux moments :
    Le passage répond aux fonctions traditionnelles de l’incipit dans la mesure où il présente les personnages importants en focalisant un peu plus la description sur Candide pour mettre en relief sa pureté et sa candeur excessive. Le cadre spatio-temporel est évoqué au début par «  il avait en Westphalie… » Formule chère aux contres et qui laisse supposer des aventures sur le chemin de la page blanche de Candide.
    Une intrigue révélatrice témoignée par la transgression de la règle sociale de la pudeur et de la hiérarchie. En fait, Candide et Cunégonde échangent un baiser ardent au moment où le baron passe par là ,ce qui a entraîné la « chute » de Candide et son éloignement du château paradis. Désormais, le personnage est condamné à une vie d’errance, de découverte de surprise et d’apprentissage.
b-La clausule.
Ici, le problème de délimitation se pose encore une fois et la seule attention aux choix typographiques, thématiques et aux effets produits par la combinaison de procédés mis en place par l’écrivain pour quitter son lecteur, seraient efficaces. On fera coïncider, puisque l’on est dans le cadre d’un conte, la clausule et l’état final du schéma narratif. Le passage  sera :
« Vous devez avoir, …. Fin » .
Candide du début du conte n’est plus le même :
*    Il fait de « profondes réflexions » il est donc raisonnable.
*    Il contrarie son maître « je sais aussi que … » il est donc responsable.
*    Il rallie presque tout le monde à la morale «  Il faut cultiver notre jardin » il est donc pragmatique.
Un tel changement ne s’acquiert qu’au prix de revers ; de l’adversité du parcours d’une vie.
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– Eric BORDAS L’analyse littéraire, Armand colin, 2006.
– Voltaure, Candide ou l’Optimisme Gallimard, 1979.
– Voltaire,  op. Cit. . p 153-154 et 155

 



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