Critique de l’intolérance

Le voyage initiatique de Candide
Chapitre II- Description du conte
3-Défense des valeurs humaines impérissables
b- Critique de l’intolérance (voir extrait 2 aux annexes)
L’intolérance qui conduit à mépriser, à persécuter et à tuer ceux qui ne pensent pas comme soi, trouve également son écho dans Candide. L’autodafé du chapitre IV de l’œuvre s’inscrit dans  l’alignée des maux que l’auteur voulait combattre. Dans l’extrait susmentionné, la cible privilégiée de la critique voltairienne est l’Inquisition. Cette institution judiciaire installée par l’Eglise pour réprimer toute opinion contraire au catholicisme, trouvait sa cruauté et son apogée en Espagne du XV siècle. Candide ayant vécu la faim, la soif le froid l’atrocité de la guerre, le naufrage de Lisbonne et le terrible tremblement de terre, se trouve pour le moment entre les mains de l’Inquisition. Nous allons voir comment Voltaire combat le fanatisme religieux son arbitraire et son raisonnement aberrant tout en usant de l’humour de l’irone et du burlesque.

i – L’arbitraire et le raisonnement aberrant de l’Inquisition
Les personnages ont été accusés d’une façon malveillante le biscayen d’avoir épousé sa commère , les deux portugais d’avoir écarté le lard de leur nourriture, Pangloss d’avoir “parlé” et Candide d’avoir “écouté” les motifs de ces accusations sont aberrants et relèvent de la superstition l’Inquisition estime qu’il serait salutaire de sacrifier quelques ” hérétiques pour prévenir le tremblement de terre pour consolider son autorité, l’Inquisition essaye d’établir un lien de causalité entre le séisme et les arrestations et par conséquent avec l’autodafé . l’ironie du sort veut qu’après ce grand sacrifice la terre tremble de nouveau dessin préparé sans doute par l’auteur pour détruire un discours faussement logique. L’idée d’organiser un autodafé la mise en accusation, le cérémonial et l’application des châtiments reflètent une justice expéditive mise en valeur dans le texte par un rythme accéléré (ellipse).

ii- Les moyens stylistiques mis en œuvre
Le contraste frappant entre ” brûlée à petit peu” et ” en grande cérémonie” du fragment « le spectacle de quelques personnes brûlées  à petit feu, en grande cérémonie et un secret infaillible pour empêcher la terre de tremble” évoque le rire en dépit de l’atrocité du crime , de même dans le fragment ” Candide fut fessé en cadence …” on ressent du burlesque dans la mesure où le mot “fessé” qui est un peu léger pour un sujet aussi sérieuse , est utilisé au lieu de “flagellé” . L’antiphrase du début du passage , mise en exergue par les mots ” sages” « efficace » et ” bel” qui doivent être pris au sens contraire , soulignent cette ironie mordante de Voltaire qui invite par la le lecteur à se méfier des arguments absurdes de l’Inquisition. L’ironie se prolonge pour le même motif dans cette description minutieuse de l’autodafé surtout celle de la coiffure des condamnés. Candide adhère à cette conception leibnizienne de l’optimisme outré puisque l’auteur adoptant son point de vue use de l’atténuation contenue dans la périphrase ” des appartements d’une extrême fraîcheur …” mise pour la prison.
Le fanatisme religieux constitue l’un des fronts du combat de Voltaire. C’est une source inépuisable du mal qu’il fallait combattre à tout prix. L’intention reste cependant dissimulée et se profile derrière l’ironie et le grotesque. La stratégie voltairienne s’inscrit dans le cadre d’une fiction qui prend en charge le parcours d’un personnage innocent qui, de misère en malheur, commence à se faire idée de la
vie, ne serait ce que par son cri un peu loin dans ce même chapitre : ” Si c’est ici le meilleur des mondes possibles que sont donc les autres ?”.



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