Les étapes de l’ouverture de l’économie marocaine

Opportunités et défis d’une zone de libre-échange : cas de l’économie marocaine – Partie II :
Pour s’inscrire dans le processus de la mondialisation des relations économiques internationales au cours des ces dernières années, le Maroc a fait de l’ouverture sur l’extérieur un choix stratégique.

Une option qui a été couronnée par son adhésion à l’accord du GATT en mai 1987 , la signature du traité portant création de l’organisation mondiale du commerce en avril 1994, l’accord d’association avec l’Union européenne en 1996 celui du libre-échange avec l’association européenne de libre-échange en 1999, ainsi que la signature de la déclaration d’Agadir et la conclusion des accords de libre échange avec les Etats-Unis et la Turquie en 2004.

Dans cette partie, on traitera, dans un premier chapitre l’insertion de l’économie marocaine dans l’économie mondiale tout en traitant les étapes de son ouverture, le deuxième chapitre fera l’objet de l’étude des opportunités et défis de la zone de libre-échange au Maroc.

Chapitre I : L’insertion de l’économie marocaine dans l’économie mondiale
Au début les années quatre-vingts, le Maroc a lancé un programme d’ajustement structurel (PAS) qui vise à la fois la stabilisation de l’économie, la réduction du déficit de la balance des paiements, la libéralisation de l’économie, ainsi que la restructuration de l’appareil productif en permettant une meilleure allocation des ressources. L’adoption du PAS devrait rétablir les équilibres aussi bien économiques que financiers, intérieurs qu’extérieurs. Cette politique se traduit par une ouverture progressive sur l’extérieur de l’économie marocaine, La libéralisation de l’économie offrira de nouvelles opportunités aussi bien en matière d’échanges commerciaux, qu’en matière d’investissements et d’attrait de capitaux étrangers. Elle est susceptible de favoriser une croissances des revenus et du bien être de l’ensemble des partenaires à l’échange.

Cette ouverture s’est trouvée d’avantage renforcée par d’engagement du Maroc dans l’OMC et l’accord d’association conclu avec l’Union européenne. Elle constitue un véritable défi pour le Maroc et accélère la tendance à la mondialisation, régionalisation et intégration dans l’économie mondiale. La volonté d’ouverture à l’échange s’insère donc, dans une libéralisation mondiale du commerce, le libre échange et l’insertion dans l’économie mondiale apparaissent comme une solution virtuelle à une croissance soutenue et durable.

Certes, l’insertion du Maroc dans l’économie mondiale : est porteuse de nombreuses opportunités, en termes de diversification des débouchés d’accès aux technologies, d’investissements directs étrangers… Néanmoins, cette situation impose également le redéploiement de notre économie, l’adoption d’une politique de mise à niveau afin d’adapter l’appareil productif aux nouvelles exigences des marchés extérieurs.
Dans le présent chapitre, on va traiter, dans la première section les étapes de l’ouverture de l’économie marocaine et dans la deuxième section l’insertion de l’économie marocaine dans l’économie mondiale.

Section I : Les étapes de l’ouverture de l’économie marocaine
La mise en place d’une politique accélérée de libéralisation dans le cadre du PAS, l’adhésion en 1987 au GATT puis à Marrakech en 1994 à l’OMC ainsi que la conclusion de l’accord d’association avec l’Union européenne, qui prévoit à terme l’établissement d’une zone de libre-échange entre les deux partenaires, sont autant d’éléments qui témoignent la volonté de poursuivre une politique économique libérale, ouverte et s’inscrivent dans la logique des choix économiques et politiques du Maroc.

Ainsi, l’économie marocaine s’est largement ouverte sur l’extérieur aussi bien en matière du commerce extérieur qu’en matière des investissements étrangers. Cette mutation requiert un effort d’adaptation aux exigences de la concurrence étrangère. L’évolution de l’économie marocaine est toujours allée de pair avec une large ouverture sur l’extérieur. Cette ouverture n’est guère récente, sans remonter jusqu’au moyen âge, il suffit de rappeler les réformes entreprises et les politiques d’ouverture engagées depuis d’adoption du PAS.

§1 : L’adoption du PAS
Depuis 1983, le Maroc a adopté un PAS qui visait une réduction substantielle des déficits macro-économiques tant intérieurs ( Déficit public et déficit épargne / investissement ) qu’extérieurs (déficit du compte courant). Le PAS a englobé une série de réformes qui visent à la fois la stabilisation de l’économie, ainsi que la restructuration de processus de production dont l’objectif est d’assurer une meilleure allocation des ressources et de rétablir les équilibres macro-économiques.

I-De l’endettement à l’ajustement
Durant la décennie soixante dix, l’économie marocaine a connu une croissance économique remarquable avec le concours des circonstances économiques internationales favorables et le développement rapide de certaines activités industrielles. La croissance des exportations des phosphates a contribué à la mise en place d’une infrastructure économique et sociale plus adaptée, ce qui a entraîné un gonflement des dépenses publiques.
L’élément déterminant à l’origine de la hausse des dépenses publiques est la flambée du prix des phosphates de 1973 à 1974. À la suite de cette hausse, l’Etat s’est engagé dans des programmes d’investissement très onéreux dans l’industrie, les infrastructures…

Toutefois, la hausse du prix des phosphates n’était pas durable. À partir de 1975, on a assisté à l’effondrement des ressources financières, le pays s’est trouvé entraîné dans un cercle vicieux : (Endettement, remboursement du service de la dette, baisse de la croissance, déficits budgétaires).
La situation financière du pays est devenue alarmante, la dette extérieur rapportée au PIB est devenue très lourde (voir tableau).
Elle s’est massivement augmentée au début des années quatre-vingts, s’élèvent à 136,6 % du PIB en 1985. La crise s’est déclenchée en 1983, le Maroc ne pouvant plus faire face à ses obligations à l’égard de ses créanciers.

Dette extérieure
Dette/PIB 1982 – 1985 – 1988 – 1992
En % 84,9 – 136,6 – 99,5 – 75
Source : FMI

La mise en place d’un PAS est devenue inéluctable, les politiques menées ont été soutenues par les institutions financières internationales (Banque mondiale et Fonds monétaire international).

La crise d’endettement et l’argumentation des taux d’intérêt nationaux, la hausse des monnaies d’emprunt ( le dollar américain en particulier), la baisse des cours des phosphates ont affecté directement les finances et les termes de l’échange de l’économie marocaine. Il faut toutefois noter que la crise actuelle du Maroc est semblable à celle de plusieurs pays en voie de développement, qui ont bénéficié de la hausse des prix des matières premières au début des années soixante-dix qui ensuite ont formé d’ambitieux projets d’investissement et ont augmenté sensiblement les dépenses publiques. Devant le fort endettement et le niveau élevé des déficits budgétaires, ils se sont vus contraint d’adopter des ajustements structurels.

II- Processus de libéralisation de l’économie marocaine
L’objectif essentiel de l’ajustement structurel, est un désengagement progressif du secteur public de l’appareil productif, c’est à dire la constitution d’une économie de marché, qui est considérée comme essentielle pour accroître l’efficacité de l’économie. L’Etat à été amené, à réduire son intervention par une compression des dépenses publiques, à libéraliser les échanges et à privatiser une partie des entreprises publiques.

Ainsi, cette politique d’ajustement s’est traduite, par un certain nombre de mesures importantes telles l’ouverture sur l’extérieur, la simplification des procédures du commerce extérieur, la rationalisation du secteur public, la privatisation, les mesures visent à donner une nouvelle impulsion au taux de croissance. La libéralisation de l’économie offre de nouvelles opportunités, l’accès à un marché d’exportation plus vaste ce qui permettra une stimulation du secteur privé, qui est appelé à relever le défi et à prendre la relève de l’action étatique dans une logique de compétitivité, afin de mener l’économie vers une croissance soutenue et durable.

Les réformes qui touchent le commerce extérieur occupent une place de choix dans le PAS, à cause des effets qu’elles peuvent entraîner sur les exportations. La libéralisation du commerce extérieur vise la levée des contrôles quantitatifs ( quotas, restrictions quantitatives … ), d’une baisse tendancielle des droits de douane. L’objectif visé de cette libéralisation à été d’accroître le poids des mécanismes du marché dans l’économie :
Démantèlement des procédures de fixation des prix, abaissement des droits de douane, levée les principales restrictions aux importations. Parallèlement à la libéralisation des échanges de marchandises, la législation en matière d’échange de capitaux à été également remaniée en vue d’attirer les investissements étrangers, les autorités avaient pris conscience du fait qu’il fallait changer de politique pour surmonter les difficultés économiques et financières.

L’ouverture et la libéralisation de l’économie se sont trouvées davantage renforcées par l’engagement du Maroc dans les accords du GATT-OMC et l’accord d’association conclu avec l’union européenne qui prévoit à terme l’établissement d’une zone de libre-échange.

§2 : Du GATT à L’OMC : un nouvel ordre commercial
Pour s’inscrire dans le processus de la mondialisation des relations économiques internationales au cours de ces dernières années, le Maroc a fait de l’ouverture sur l’extérieur un choix stratégique. Une option qui a été couronnée par son adhésion à l’accord du GATT en mai 1987, la signature du traité portant création de l’organisation mondiale du commerce en avril 1994, l’accord d’association avec l’Union européenne, qui prévoit à terme l’établissement d’une zone de libre-échange.

I- L’adhésion au GATT et à l’OMC
Le PAS a facilité l’accès du Maroc au GATT, la signature de l’acte de naissance de l’OMC à Marrakech en avril 1994 met en évidence les efforts déployés par le Maroc pour s’insérer dans l’économie mondiale. L’adhésion du Maroc au GATT s’inscrit dans la logique des choix économiques et politiques. C’est une confirmation de la volonté de poursuivre le processus de libéralisation entamé auparavant.

Cette situation témoigne clairement la volonté du Maroc de s’intégrer dans le système du commerce multilatéral. La conclusion des accords du GATT-OMC n’est que le résultat de l’application de la politique d’ajustement dans le commerce et l’industrie dont les grands axes ont été les suivants :
-La protection tarifaire est privilégiée par rapport à la protection contingentaire « mesures non tarifaires ».
-La réduction progressive des droits de douane.
-L’assouplissement des procédures en matière d’importation, d’exportation et de change.

L’adoption des réformes en matière de libéralisation et d’ouverture a permis de réaliser certains résultats positifs du commerce extérieur. La principale modification est la suppression des mesures non tarifaires au profit d’une protection basée sur les droits de douane, ainsi, dans le cadre de la libéralisation du commerce extérieur, les droit de douane ont connu une baisse spectaculaire, le tarif maximum a été ramené de 400% en 1982 à 45 % en 1986. Ces réformes ont pour but de donner une grande place aux mécanismes des marchés dans le fonctionnement de l’économie.

Face aux mutations de l’environnement international marquées par la formation de groupements et ensembles économiques régionaux, et avec l’entrée en vigueur de nouvelles règles visant la libéralisation de plus en plus poussée du commerce international et l’intensification de la compétition, la création d’une zone de libre-échange apparaît comme alternative viable, le libre-échange ne se présente pas comme une option, mais davantage comme une exigence qui est la conséquence à la fois de son évolution vers une économie de marché et son besoin d’ouverture sur l’économie mondiale. Le projet d’une zone de libre-échange s’inscrit dans les nouvelles règles libres-échangistes du commerce mondial consacrées par l’accord GATT-OMC.
II- Création d’une zone de libre-échange
Le Maroc et l’Union européenne traversent actuellement une période décisive pour l’évolution future de leurs relations. Il suffit de porter un regard sur le passé pour prendre conscience du chemin qui a été parcouru depuis la signature du premier accord . L’accord d’association entre les deux partenaires de 1995 renforce l’option d’ouverture déjà entamée.

La signature des accords de libre-échange entre l’UE et le Maroc se place dans la perspective de la création d’une vaste zone de libre-échange visant à terme le développement d’une offre productive compétitive par le Maroc sur un marché de plus en plus concurrentiel. À cet égard, l’élargissement projeté aux pays d’Europe centrale et orientale constitue une menace sérieuse pour le Maroc, compte tenu de la similitudes au niveau de la spécialisation.
L’accord d’Agadir entre dans le cadre du projet de création de la grande zone arabe de libre-échange. Il prend la forme d’accords commerciaux bilatéraux entre différents pays arabes servant d’outil pour répondre aux impératifs de la mondialisation et permettant d’intensifier les transactions commerciales avec des pays ayant un niveau de développement similaire. Ces accords bilatéraux ont été prolongés dans un cadre régional avec la signature en février 2005 d’un accord de libre-échange entre le Maroc, la Tunisie l’Egypte et la Jordanie.

Sa majesté le Roi Mohammed VI et la président Georges W.Bush ont décidé, à l’occasion de la visite royale à Washington (20-24 avril 2002), d’établir une zone de libre-échange entre le Maroc et les Etats Unis d’Amérique, affirmant, par la même, la volonté des deux pays de renforcer leurs relations bilatérales.
L’accord de libre-échange avec les Etats Unis s’inscrit parfaitement dans la stratégie globale d’ouverture maîtrisée de l’économie marocaine et de son intégration dans l’économie mondiale .
L’accord de libre-échange avec la Turquie, signé le 7 Avril 2004, s’inscrit dans le cadre des engagements pris par les pays sud-méditerranéens dans le cadre de la Déclaration de Barcelone en 1995. Une zone de libre échange industrielle entre le Maroc et la Turquie sera instaurée progressivement sur une période transitoire maximale de 10 ans.
Au cours des dernières années, des grands changements ont été apparus au sein des relations économiques internationales conduisant à une déstabilité de l’économie mondiale.

Au cours de cette période, et bien avant, l’économie mondiale a été soumise à deux tendances distinctes et partiellement contradictoire : la mondialisation et la régionalisation.
Le processus de la mondialisation s’est accéléré dans tous les domaines culturels, sociaux et économiques générant parfois des retombées négatives, surtout sur le plan social. Mais selon Michel COMDESSUS « la mutation de la planète vers une économie mondialisée comporte de formidable chances pour l’homme de XXI siècle, mais aussi des risques de taille, et pour relever les défis qui en découlent, il faut passer par une reforme de l’Etat, et par la quête d’une croissance centrée sur le développement humain ».

L’économie marocaine d’aujourd’hui fait face à un défi, celui de la mondialisation régionalisation de l’économie mondiale sur la base des règles nouvelles et des mutations technologiques.
Opportunités et défis d’une zone de libre-échange

Opportunités et défis d’une zone de libre-échange



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