Histoire des politiques commerciales marocaines jusqu’en 1983

Le commerce marocain
Le Maroc et les politiques commerciales internationales – Chapitre II :
Pays en développement, en transition, intermédiaire, d’économie mixte, la multiplicité et le flou de termes révèlent la complexité de l’économie marocaine.
Passé en quelques décennies d’une activité rurale et primaire dominante à une économie diversifiée dans laquelle la part des secteurs secondaires et tertiaires ne cessent de progresser, de la dépendance imposée par la convention d’Algésiras et les liens politiques du protectorat à la maîtrise de ses choix, des illusions de la planification et de l’étatisation aux espoirs du libéralisme et des et de l’étatisation aux espoirs du libéralisme et des privatisations, porté par son dynamisme démographique, mais contraint par les impératifs d’un marché mondialisé, le Maroc offre un immenses terrain de constats, d’études et de réflexion.
Dans le présent chapitre on va traiter dans la première section l’histoire des politiques commerciales marocaines jusqu’en 1983, et dans la deuxième section la politique commerciale marocaine depuis 1983.

Section I : Histoire des politiques commerciales marocaines jusqu’en 1983
L’économie marocaine a connu plusieurs étapes dans son évolution. C’est déjà, à partir du XVIIIème siècle, que l’EUROPE en voie d’industrialisation avait imposé peu à peu. Le vieux royaume protectionniste qu’était le Maroc à s’ouvrir.
De traité commerciale en traité commerciale, elle impose, par l’acte d’Algésiras du 07 Avril 1906, le régime douanier dit de la « porte ouverte », qui prendra jusqu’en 1957.

Le tarif douanier était alors fixé, de façon uniforme pour toutes les marchandises et tout pays d’origine à 10% , aux quels s’ajoutait une taxe spéciale uniforme de 2.5 %, destinée au budget d’équipement.
Dans les années quatre-vingt, le Maroc est économiquement replie sur lui-même. Son économie stagne, sa dette extérieure a explosé. Avec le plan d’ajustement structure imposé par le fond monétaire international, il entame la remise en cause de ses choix et prend lentement le chemin de l’ouverture économique.

§1- Situation de l’économie marocaine sous le protectorat
Sous le règne du protectorat, l’économie marocaine est dirigée par le colonisateur français qui cherchait à l’orienter tout en gardant les intérêts de son pays.
L’économie marocaine de cette période est une économie coloniale où le caractère français dominait allant de la monnaie qui circulait au sein de l’économie marocaine, passant par les investisseurs étrangers qui agissent dans tous les secteurs, jusqu’aux cadres qui occupaient l’administration marocaine.

I- L’action économique sous le protectorat
L’action économique si elle entraînait le pays dans les voies nouvelles, n’était pas sans causer de graves déséquilibres qui rapidement se traduisent par des mouvement sociaux et politiques.
De même, une partie du secteur agricole se tourne vers une agriculture moderne orientée vers l’exportation. Tandis que d’artisanat traditionnel connaît des difficultés. Une industrie basée d’abord sur la richesse minière du pays se développe. Ces transformations entraînent d’importants mouvements de population à l’intérieur du Maroc et le développement d’un important centre économique sur la côte atlantique.

II- les tarifs douaniers
Déjà en 1937 on s’était penché sur le problème de révision des tarifs à l’importation pour tenir compte non plus de la liberté commerciale et de l’égalité, grands slogans des théoriciens classiques, mais des besoins du Maroc moderne qui devait assurer son équilibre budgétaire et la protection d’une industrialisation naissante. La guerre devait empêcher l’application des mesures envisagées. La question fut reprise en 1955 car l’industrie locale réclamait avec insistance une protection que le tarif ad-valorem uniforme conventionnel de 10% n’assurait plus. Des compagnes de presse précipitèrent la décision d’instaurer un tarif différentiel. La réforme a été réalisée rapidement par le Maroc indépendant.

§2- Le régime du commerce extérieur marocain au lendemain de l’indépendance
Le régime du commerce extérieur marocain était fondé sur des droits de douane très élevés et de substantielles restrictions aux importation, véritable « repli sur l’intérieur ».
Ce régime se justifiait par le fait que le seul moyen de promouvoir le développement industriel était d’assures aux producteurs locaux une position confortable dans un marché fortement protégé.

Ce régime était caractérisé par :
-Une intervention importante de l’ Etat
-Une protection automatique quelque soit le niveau d’efficacité économique de la production en cause.
-Un taux de change surévalué qui pénalisait les exportateurs.
-À cela il faut ajouter la charge de la dette qui a atteint des proportions alarmantes.
-Des productions tournées essentiellement vers le marché intérieur dans le cadre d’une politique de substitution aux importations à l’exception de quelques secteurs à tradition exportatrice.

I- La situation du Maroc avant l’application du PAS
Après l’échec des plans économiques des années70, le Maroc s’est trouvé dans une situation économique désastreuse qui, s’est traduite par un taux de croissance très faible sans pouvoir dépasser 2%, une forte inflation se situant aux alentours de 10%.
Sur le plan budgétaire, l’épargne public était négative pour l’équivalent de 20% du PIB et le déficit du trésor a atteint 12 % du PIB.

Au niveau des comptes extérieurs, le compte courant de la balance des paiements a accusé un déficit de l’ordre de 12 % du PIB,avec une accumulation d’importants arriérés extérieurs,et le ratio du service de la dette s’est élevé à l’équivalent de 56% des recettes en devises. Il faut préciser que plusieurs facteurs tant au niveau international (baisse des cours de phosphate à partir de 1976, protectionnisme excessif, hausse des cours du pétrole) que national (maintien d’un taux d’investissement important) sécheresse 81, défense de notre intégrité territorial…) explique la montée des déséquilibres qui étaient financé par le recours aux emprunts extérieurs qui étaient bon marché jusqu’au début des années 80. Mais, les taux d’intérêt ont connu de puis une ascension rapide du fait de la spéculation des banques commerciales entraînant par la même un alourdissement de l’endettement extérieur de notre pays.

En sus de cela , il en résulte que le Maroc était dans une situation délicate ne lui permettant pas de faire face aux échéances de la dette extérieure, raison qui l’ a acculé à adopter une politique d’assainissement budgétaire et financière appelée PAS, sur recommandation des organismes financiers internationaux, FMI, BIRD.

II- Les principales composantes de PAS
À l’instar des pays sous développés, la crise financière des années(80,81,82,83) a obligé le Maroc à appliquer une politique d’ajustement structurel qui vise une restructuration du budget de l’ Etat à travers une revalorisation des ressources publiques (la réforme de l’outil fiscal) et une compression des dépenses budgétaires.
L’ampleur des mesures et réformes adoptées dans le cadre du PAS démontre que les modalités de gestion de l’endettement extérieur ne se réduisent pas à des problèmes techniques de court terme mais, se posent en termes politiques et stratégiques, dans la mesure où elles engagent l’avenir du pays pour plusieurs années et remettent en cause les fondements de son autonomie national de décision.

Le ministre du commerce, de l’artisanat de l’industrie et des Mines présentait en 1967 avec un grand optimisme les nouvelles procédures d’importation en déclarant notamment : « ce nouveau régime fera souffler sur le commerce marocain d’importation un vent nouveau. Désormais, la recherche des meilleures conditions de prix et de qualité l’emporta sur toute autre considération. Tant notre commerce s’en trouvera réanime et diversifié et une concurrence saine et dynamique y régnera, qui sera bénéfique pour le consommateur. D’ailleurs, la libération introduite par le nouveau régime va au devant des souhaits maintes fois exprimés par les organisations professionnelles nationales. Il est en conclusion permis de penser que les nouvelles mesures auront incontestablement une action d’assainissement administratif, économique et financier, qui contribuera à la réanimation de la vie économique et commerciale du pays ».
Partie I: Le Maroc et les politiques commerciales internationales
Opportunités et défis d’une zone de libre- échange Cas de l’économie marocaine



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