Le secteur bancaire: Pourquoi un audit bancaire ?

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L’audit bancaire – Pourquoi un audit bancaire ? – Partie 1
Le secteur bancaire marocain détienne une place importante dans le financement de l’économie, à travers la collecte et la mobilisation des ressources d’épargne disponible.

L’activité des établissements de crédit présente des risques multiples, c’est pour cette raison qu’apparaît l’importance de l’audit au sein de l’établissement bancaire. Il permet de contrôler ces risques et d’évaluer l’activité des services bancaires d’une manière objective et indépendante.
Pour saisir l’utilité de l’audit bancaire, on analysera dans un premier chapitre le pourquoi d’un audit bancaire et dans un désert chapitre en s’attardera davantage sur la nécessité d’un audit bancaire c’est-à-dire les différents types de l’audit bancaire, ses différences et ses complémentarités.

Chapitre 1 : Le secteur bancaire
Les banques marocaines participent au développement économique. Elles sont appelées à offrir aux agents qui ont un besoin de financement des moyens de paiements pour financer leurs investissements. Dans le cadre de financement de l’économie par les établissements de crédit, les banques encours un ensemble de risque.

Section 1: L’importance du secteur bancaire au niveau du système financier :
Depuis le début des années 90, l’environnement bancaire a beaucoup évolué, cette évolution marquée essentiellement par l’introduction de la loi bancaire du 6 juillet 1993 a provoqué une nouvelle vision de l’activité et des enjeux des établissements de crédit dans l’économie marocaine.

En effet, l’activité bancaire est décrite par « établissement de crédit » dont l’activité consiste dans :
« – la réception de fonds du public, la distribution de crédit,
– la mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement et leurs gestion » .

Cette définition suggère dés le départ la notion de l’intermédiation qui a pour fonctionnement de rapprocher les offres et les demandes de liquidité.

1) Le rôle de la banque dans le financement de l’économie :
Les banques remplissent une fonction économique majeure en transformant les dépôts reçus des épargnants (généralement à court terme) pour financer les investissements proposés par les investisseurs (à moyen et long terme).

Le financement de l’économie par les établissements de crédit a connus des mutations ces dernières années pour plusieurs raisons :
* l’abolition du plancher d’effet public en vertu duquel les banques étaient tenus de conserver un pourcentage de leurs avoirs en bon de trésor, ce plancher qui était de l’ordre de 35% des exigibilités a vue a été graduellement réduit à partir de 1991 pour être supprimer le 30 juin 1998.
La suppression de ce mode de financement du trésor par les banques a augmenté les liquidités des avoirs bancaires. Cette liquidité qui sert en premier lieu à amélioré les crédits octroyés aux entreprises.
* La chute considérable des taux débiteurs à l’égard des autres taux depuis la phase de la libéralisation financière, ce qui a diminuer le coût des investissements financés par les crédits bancaires.
* Le désencadrement de crédit a provoqué une compétitivité inter bancaire très intense. Chaque banque veut gagner des parts de marché, améliorer son image auprès de la clientèle, et imposer son poids.
Les banques permettent de promouvoir la croissance en agissant sur la transformation des ressources des épargnants en faveur de la demande de financement par les agents qui ont un besoin de financement.
Au Maroc, les établissements de crédit tiennent la première place en matière de financement du tissu économique.

L’objectif et de réunir les conditions nécessaires au développement du secteur privé et de le mettre sur la voix de la croissance, surtout avec les nouvelles exigences de l’ouverture sur l’extérieur marqué par l’adhésion du Maroc au GATT puis à l’organisation mondiale du commerce.
Le rôle du secteur privé pour améliorer la croissance économique d’une manière forte et durable nécessite un financement suffisant et continu de l’activité d’investissement, et un dispositif qui transforme les ressources disponibles. Dans la sphère financière marocaine ce sont les banques qui jouent ce rôle. La finance indirecte est plus développée que la finance directe.

On considère ici les aspects qui montrent ceci :
* La quasi majorité du tissu économique marocain est composé de PME/PMI dont le capital est inférieur à celui exigé par les trois compartiments.
* La bourse des valeurs exige l’entreprise d’entrer dans une dynamique de transparence, de rigueur, et de performance.
* Complexité des procédures d’introduction en bourse.

2) Les réformes bancaires et leurs attributions à l’économie :
Dés les réformes qui ont entamées le secteur bancaire, les établissements bancaires ont essayés de s’ouvrir sur l’extérieur
C’est pour cette raison que l’implantation des banques marocaines à l’étranger a augmenté, il est caractérisée par une forte concentration dans les pays de l’Union Européen, cet état trouve son explication dans le poids des relations économiques du Maroc avec l’Union Européen et dans le nombre très important des ressortissants qui y travaillent .
Certes, l’activité bancaire contribue très positivement à la croissance économique, mais compte tenu de la sensibilité du secteur, les établissements de crédit sont soumissent à un contrôle auprès des autorités suprêmes.

En effet, le contrôle de la profession bancaire se justifie d’abord par le fait que la majeure partie des ressources bancaires est constituée des dépôts de la clientèle.
Ensuite, dans la mesure où les banques participent à la création monétaire, il est essentiel de contrôler le secteur par l’autorité de tutelle .

Enfin, avec la libéralisation du secteur bancaire, les établissements de crédit se trouvent exposés à des risques qui pourraient affecter aussi bien leur liquidité que leur solvabilité. Ces risques peuvent ébranler toute la place par l’effet de la contagion (crise systémique).
A ce titre, « .BAM est chargé d’effectuer le contrôle sur place et sur documents des établissements de crédit et de leurs filiales».

Le contrôle sur place c’est à dire que BAM a le droit a tout moment d’effectuer des inspections sur place,
Le contrôle sur document signifie que BAM demande des états de synthèses (bilan, comptes de produits et de charges, état des soldes de gestion, tableau des flux de trésorerie, et état des informations complémentaires « ETIC ») et les documents qui lui sont complémentaires.

Les établissements de crédit sont tenus aussi de respecter des dispositions législatives et réglementaires relatives à l’exercice de la profession bancaire. Il s’agit bien évidemment du respect des règles prudentielles qui sont, selon l’article 28 de la loi :
-le capital minimum.
-les provisions des créances en souffrance des titres et emplois ayant subi une dépréciation.
-le coefficient minimum de solvabilité .
-le coefficient maximum de division des risques des établissements de crédit .
-le coefficient de liquidité etc.

Section 2: Les risques bancaires
Toute activité économique présente un risque, le secteur bancaire est lui aussi exposé au risque dans l’exercice de leur activité.

Selon le rapport du groupe de travail de travail de l’association Française des contrôleurs de gestion intitulé : « la banque entreprise à risque » , il existe six catégories de risque : risques financiers, risques de signatures ou de contrepartie, risques commerciaux, risques sur les biens et les services, risques opérationnels et techniques, et les risques de gestion interne, chaque catégorie de ces risques comporte lui aussi des différents types de risque.

1) Les risques financiers :
Les risques financiers restent très importants dans les établissements de crédit même si sa gestion devient de plus en plus rigoureuse à cause de la réglementation prudentielle.

On distingue dans cette catégorie :
a) Le risque de taux d’intérêt :
Ce risque est lié à la perte de la marge de l’intermédiation bancaire suite à la volatilité des taux d’intérêt. On admet que ce risque existe au Maroc après la chute considérable des taux d’intérêt depuis la phase de la libéralisation financière.

Le risque de changeb) Le risque de change :
C’est le risque de perte des créances libellées en devise et qui est lié à la volatilité des cours des devises par rapport à la monnaie nationale.

c) Le risque de liquidité :
Lié à la perte de la banque lorsqu’elle recourt à un refinancement sur le marché interbancaire à des taux relativement élevé. Il peut être lié aussi à une mauvaise gestion des échéances .

d) Le risque sur titre à revenu variable :
Ce risque est très fréquent, il est fonction de la perte sur les titres détenue par l’établissement de crédit à la place boursière.

2) Les risques de contrepartie :
Le risque de contrepartie ou de crédit ou encore de signature est le risque de défaillance d’une contrepartie sur lequel est détenue une créance. Dans cette catégorie on distingue :
a) Le risque clientèle :
Qui est le risque de perte lié à la défaillance du débiteur (entreprise ou particulier) ce risque est néfaste pour la banque .

b) Le risque interbancaire :
Si le risque clientèle est lié à la défaillance d’une entreprise ou d’un particulier le risque interbancaire est lié à la défaillance d’un établissement de crédit (banque ou société de financement). Il est aussi appelé risque de contrepartie bancaire, ou risque de signature interbancaire ou encore risque de place, ce risque est très dangereux car il peut provoquer une crise systémique et dans ce cas là c’est toute le système bancaire qui va tomber en risque.

c) Le risque pays :
Il est lié à la défaillance des débiteurs (établissements de crédit, entreprises, ménages) qui réside dans d’autre pays, suite une conjoncture économique (récession économique, déficit budgétaireetc.) ou à un déséquilibre politique (exemple : guerre) .

3) Les risques opérationnels et techniques :
Le plan comptable des établissements de crédit « PCEC » consacre les annexes D7 aux risques opérationnels.
Les établissements de crédit sont beaucoup exposé a ce risque compte tenue du nombre de transaction, mais aussi en fonction de la complexité des opérations financières. on distingue:
a) Les risques informatiques :
L’informatique est devenue un outil indispensable dans les métiers bancaires. Il existe trois types de risque informatique:
* Risque informatique 1 : les études informatiques
Appelé aussi risque de sécurité logique, il est lié à une mauvaise gestion d’un programme informatique, manque de maintenance du matériel informatique, ou à des analyses erronées .
* Risque informatique 2 : les traitements informatiques
C’est le risque système, qui vient d’une mauvaise gestion des analyses et des traitements informatiques.
* Risque informatique 3 : télécommunication
Comme son nom l’indique, le risque de télécommunication est attaché à la perte par exemple d’une donnée transmise par les différents moyens de télécommunication (téléphone, faxe,etc.).

4) Les risques commerciaux :
Nommés aussi : risques produits ou services, ou encore risques concurrentiels, liés à la place de l’établissement de crédit au sein du secteur bancaire en matière de la qualité de ses services, ses produits, du personnel etc …

En peut citer dans cette catégorie :
a) Le risque de marché
Nommé aussi risque sectoriel, dépend du degré de la présentation de l’établissement dans un marché, dans un secteur spécifique, ou dans l’ensemble des secteurs et des marchés
Le risque de marché était très présent dans le secteur bancaire marocain avant l’abolition de la distinction fait précédemment entre les banques et les organismes financiers spécialisés « OFS ».

b) Le risque sur les biens et les services
On distingue ici :
* Risque concurrentiel :
C’est à dire les différents accidents qui peuvent affectés le personnel et les biens de l’établissement de crédit.
* Risque délictuel :
Lié principalement aux vols des établissements bancaires ce qui expose l’établissement à des pertes considérables de leurs avoirs.

5) Les risques de gestion interne :
C’est la dernière catégorie de risque, il comporte :
a) Le risque réglementaire :
Ce risque est attaché à la non application des règles prudentielles imposés par la loi dans le cadre de l’activité de l’établissement de crédit, c’est le cas par exemple du nom respect des ratios « (ratios de rendement des fonds propres, ratios de rentabilité, ratio de productivité, ratio de suivi du risque de créditetc.).

b) Le risque déontologique :
Comme son nom l’indique, ce type est lié au nom respect des devoirs de l’établissement de crédit envers les tiers, ce qui peut se traduire par la perte de la clientèle, de l’image de la banque auprès du public. Dans ce cas, l’autorité suprême peut exercer des sanctions.

c) Le risque stratégique :
Appelé aussi risque de politique globale ou risque de management, il s’agit d’un risque important encouru par l’établissement de crédit lorsqu’il s’engage à financer des secteurs qui connaissent des problèmes.

d) Le risque d’insuffisance fonctionnelle :
Il peut être présent grâce a une mauvaise gestion d’un service, ou à une erreur qui vient d’un autre département de l’établissement de crédit (comptable, contrôle de gestion,etc.) .

e) Le risque de la gestion du personnel :
Parfois les crédit lié à des secteurs financés par la banque sont étudiés et gérés par un ou deux personnels de la banque ce qui peut produire le risque de la gestion du personnel.

f) Le risque de sous traitance :
On observe ce risque au sein de la banque quand cette dernière gère le portefeuille des autres banques.

g) Le risque de communication externe :
Il peut être très important, il se réalise dans les cas ou l’établissement de crédit modifie ou change par exemple « la tarification des chèques ». Il se répercute négativement sur le portefeuille de la banque par la perte d’une partie de sa clientèle .
L’audit bancaire / Option : Monnaie, Finance, Banque

Les parties de mémoire: L’audit bancaire



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